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Leconomiste Maghrebin > Blog > Economie > Finance > Wassim Turki : “Les mesures fiscales ne suffisent pas, il faut anticiper les ressources futures”
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Wassim Turki : “Les mesures fiscales ne suffisent pas, il faut anticiper les ressources futures”

Nadia Dejoui
2026/01/15 at 12:20 PM
par Nadia Dejoui 4 Min Lecture
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L’investissement public s’impose comme un levier stratégique pour l’État. Il génère non seulement emplois et croissance économique, mais exerce aussi un effet multiplicateur décisif sur l’économie du pays.

Pour la loi de finances 2026, le taux d’investissement public atteint 8 % du budget de l’État. Passant de 5,4 milliards de dinars en 2025 à 6,3 milliards en 2026, soit une hausse de 0,9 milliard. De ce fait, ce niveau reste toutefois modeste au regard des besoins du pays. Que peut-on en déduire?

Contents
L’investissement public s’impose comme un levier stratégique pour l’État. Il génère non seulement emplois et croissance économique, mais exerce aussi un effet multiplicateur décisif sur l’économie du pays.Partenariats public-privé comme solutionUne vision à long terme

Wassim Turki, expert-comptable et consultant émérite, l’a déclaré en exclusivité à leconomistemaghrébin.com à l’issue de l’événement organisé par la CONECT sur la loi de finances 2026 : « Sans engagement ferme de l’État dans les investissements, le secteur privé hésite à suivre, freinant l’élan économique global. »

Il rappelle en l’occurrence que la masse salariale absorbe 90 % des recettes fiscales, rendant ardu le financement des investissements. Cela dit, maintenir 8% dans ce contexte représente un effort louable et un premier pas vers une restructuration budgétaire viable. Pourtant, le vrai défi, selon M. Turki, réside dans l’exécution : une nouvelle route budgétisée en 2022 reste irréaliste après des années, prouvant que les 6 milliards de dinars pèsent moins que la capacité réelle de l’État à les dépenser.

La loi de finances 2026 contient des avancées notables, comme la stabilisation budgétaire et le rééquilibrage de la dette au profit d’une dette intérieure malgré ses risques inflationnistes. Mais six ans pour l’équilibre budgétaire ont paralysé la croissance. « Si l’on reste dans une logique comptable d’équilibre budgétaire, aucune solution n’émerge. Il faut en sortir, s’aventurer, prendre des risques pour créer de la croissance », insiste M. Turki. Tout en ajoutant : « Les mesures fiscales seules n’y suffisent pas; il faut anticiper les ressources futures et investir davantage. »

Par ailleurs, la stabilité fiscale est cruciale. Car un investisseur confronté à des schémas fiscaux changeants d’une année à l’autre voit son risque croître et peine à se développer. Ainsi, l’expert-comptable Wassim Turki suggère de réduire la pression fiscale pour garantir plus de prévisibilité. Il convient de cesser de boucler le budget par la fiscalité seule et de chercher ailleurs.

Partenariats public-privé comme solution

Les partenariats public-privé (PPP) s’imposent comme une réponse idoine pour bâtir des infrastructures structurantes (aéroports comme Tunis-Carthage, ports, stades ou hôpitaux) sans épuiser les finances publiques. Ils mobilisent le privé pour un impact global et progressif sur l’économie.

Une vision à long terme

M. Turki conclut : « C’est vrai que nous ne sommes pas à un équilibre budgétaire parfait, mais il faut d’ores et déjà réfléchir à l’après-équilibre. Car sans création de richesse, cet équilibre générera des manques. Il est urgent de nous projeter dans une logique de croissance et de développement pour les 15 à 20 prochaines années, sans nous limiter à court terme. Cette vision à moyen terme sur 15 ans doit intégrer une perspective bien plus lointaine. Qu’allons-nous faire dans les cinq prochaines années ? Pourquoi ? Quels objectifs atteindre ? C’est une construction progressive, année après année. Mais l’ultime horizon compte : comment voyons-nous le pays, comment doit-il être ? Le plan quinquennal s’inscrit dans cette vision globale, tout comme le budget annuel s’y intègre. Ainsi, nous nous positionnons et nous projetons dans cette croissance, en créant de l’espoir. »

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MARQUÉE: Budget, CONECT, investissement, Investissement public, loi de finances 2026, Wassim Turki
Nadia Dejoui 15 janvier 2026
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