Dans le cadre de ses efforts visant à diffuser la culture de la cybersécurité et à renforcer la sensibilisation aux risques et menaces numériques, l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCS) a organisé, le 5 novembre 2026, une journée d’étude à l’Académie diplomatique internationale de Tunis.
Cet événement, intitulé « Risques cybernétiques et mesures réglementaires de soutien à la cybersécurité », s’est adressé aux cadres du ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, ainsi qu’aux cadres, enseignants et étudiants de l’Académie diplomatique.
La journée a permis d’aborder les orientations stratégiques de protection du cyberespace national et d’accompagnement de la transformation numérique, en s’appuyant sur la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030. Elle a également présenté les principales dispositions de la circulaire n° 5 de 2026, relative à la sécurisation des systèmes numériques au sein des structures publiques.
Un atelier interactif a ensuite permis aux participants d’échanger sur des situations concrètes et des défis pratiques liés aux cybermenaces, ainsi que sur les mesures de prévention et de réaction à adopter.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’ANCS de renforcer la sensibilisation et la formation en matière de cybersécurité, de développer les partenariats avec les institutions académiques et de consolider une culture d’utilisation sûre et responsable du cyberespace national.
L’éthique, fondement de la cybersécurité
L’éthique constitue un élément essentiel de la cybersécurité. Les professionnels du secteur doivent agir avec intégrité et responsabilité, respecter la vie privée des individus et protéger les données contre tout abus.
Dans ce contexte, l’« ethical hacking » apparaît comme une approche nécessaire. L’ethical hacker ne doit pas seulement maîtriser les outils techniques : il doit également posséder une culture solide fondée sur les valeurs, la responsabilité et le respect de la loi. Son rôle consiste à identifier les vulnérabilités afin de les corriger, et non à les exploiter à des fins malveillantes.
Il est également important de tenir compte des évolutions générationnelles. La génération Z, particulièrement immergée dans l’environnement numérique, doit être sensibilisée très tôt aux enjeux éthiques du numérique. La classification des générations permet de comprendre que les repères éthiques ne s’ancrent pas toujours avec la même force selon les contextes technologiques, éducatifs et sociaux.
L’évolution technologique peut influencer les valeurs. Lorsque l’attention humaine se concentre exclusivement sur les outils, la performance et les résultats immédiats, le risque est de négliger les conséquences éthiques des décisions prises. Or, la technologie ne doit pas être pensée uniquement à travers le prisme du gain maximal et de la réduction des pertes.
Relever les défis de la cybersécurité suppose donc de concilier innovation, performance et éthique. Les valeurs ne freinent pas l’évolution technologique : elles en constituent la base durable, en garantissant que le progrès reste au service de l’humain et de l’intérêt général.
Les enjeux de cybersécurité évoluent au rythme des avancées technologiques et de la transformation du capital informationnel des entreprises.
Entre les années 1990 et 2010, la relation client reposait principalement sur les systèmes CRM. L’objectif était de mieux connaître le client à travers des données statistiques, afin de mieux le fidéliser. L’entreprise analysait alors les comportements d’achat, les segments de clientèle et les indicateurs de performance pour anticiper les besoins et renforcer la relation commerciale.
Entre 2010 et 2023, cette approche a évolué vers la gestion de l’expérience client. L’entreprise ne se contente plus de données statistiques : elle analyse désormais le parcours complet du client, son historique, ses interactions et son vécu avec la marque. La fidélisation ne repose plus uniquement sur des données chiffrées, mais sur une compréhension plus fine de l’expérience réelle du client.
Avec l’essor de l’intelligence artificielle, une nouvelle étape s’ouvre : celle de la gestion de l’émotion client. Les entreprises cherchent désormais à comprendre, anticiper et, dans certains cas, influencer les émotions de leurs clients afin d’améliorer l’engagement, la satisfaction et la fidélité.
Cette évolution accroît toutefois la quantité et la sensibilité des données collectées. Plus une entreprise connaît son client, plus elle devient une cible potentielle pour les cyberattaques.
La cybersécurité ne concerne donc plus uniquement la protection des systèmes informatiques : elle devient une condition essentielle pour préserver la confiance des clients, la réputation de l’entreprise et la continuité de son activité.
La protection des données, la sécurisation des plateformes numériques et la maîtrise des risques cybernétiques doivent ainsi être intégrées au cœur de la stratégie de transformation digitale des organisations.