L’agression contre le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), survenue, jeudi 8 aout, à Tunis, a suscité une nouvelle vague de condamnations de la part de plusieurs partis politiques et composantes de la société civile.
Des dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant le siège de la centrale ouvrière, brandissant des slogans hostiles à l’organisation et à ses dirigeants, et appelant à sa dissolution.
Les syndicalistes présents ont formé un cordon pour empêcher les manifestants d’entrer dans le bâtiment, indique un communiqué de l’UGTT.
Dans une déclaration publiée, vendredi 8 aout, la Coalition « Soumoud » a dénoncé ces « tentatives de restreindre le travail syndical indépendant », rappelant que cette agression, ciblant une organisation nationale historique ayant contribué à la construction de l’État et à la défense des droits des travailleurs, porte atteinte au climat des libertés dans le pays.
De son côté, le Parti des Démocrates Unifiés (clan dirigé par Zied Lakhdhar) a fermement condamné cet incident, le situant dans un contexte plus large de ciblage de l’activité syndicale et des droits des travailleurs en Tunisie.
Le Front de salut national a quant à lui dénoncé les actes de violence perpétrés par « les groupes loyaux au pouvoir » visant les sièges de partis et d’associations, dans le but de paralyser leur activité et de pousser à leur dissolution. Il a exprimé sa solidarité totale avec l’UGTT et l’ensemble des syndicalistes.
Le Front a souligné que toute agression contre les partis politiques et les associations civiles fragilise les fondements de la vie démocratique, appelant à « restaurer la démocratie dans le respect des libertés, de la séparation des pouvoirs, et de la souveraineté de la loi et de la Constitution ».
Enfin, le bureau exécutif de l’UGTT a appelé le parquet à ouvrir une enquête sur cette agression, ainsi que sur les crimes d’agression, diffamation, calomnie et incitation à la violence.