Moez Attia: “Nous avons l’impression qu’il y a une auto-pression de l’ISIE”

Moez Attia
Moez Attia

Quelques jours nous séparent du second tour des élections législatives. Entre-temps, les annonces des membres de l’instance électorale se multiplient.

Entre l’annonce du président de l’ISIE sur la diminution du nombre d’électeurs en raison de la réduction du nombre des circonscriptions électorales à 131 circonscriptions ; et la toute dernière annonce du vice-président de l’ISIE qui confirme que seul le résultat du second tour sera comptabilisé, il y a de quoi se poser des questions sur le processus électoral.

Moez Attia, membre de la société civile, dresse un état des lieux sur la situation électorale qui sort de l’ordinaire.

Il revient sur l’annonce du vice-président de l’ISIE Maher Jedidi, notamment concernant la hausse du taux de participation au second tour des législatives qui varierait entre 20 et 30 %. Il déclare :  « Je ne pense pas que l’une des compétences de l’ISIE soit de prévoir un taux de participation ou se projeter vers l’avenir et annoncer ce qui se passera le jour J ».

Moez Attia revient sur les intentions de l’ISIE

Avant d’ajouter : « D’ailleurs, je n’ai aucune explication sur les intentions de l’ISIE. Comment peut-elle prévoir un tel résultat ? Je pense que ceci est lié au faible taux de participation du premier tour des législatives 8 %. »

Et de poursuivre : « Or si l’intention est d’avoir une hausse de taux de participation voire même une participation massive, il aurait fallu convaincre les Tunisiens d’aller voter. Et ce, via un climat politique sain qui les pousse à croire en ces élections et à se déplacer pour aller voter. Cela dit, depuis le résultat du premier tour, nous avons l’impression qu’il y a une auto-pression de l’ISIE. Mais une chose est sûre : l’ISIE n’est pas satisfaite du taux de participation. Cependant j’espère que cela ne va pas créer des pratiques nuisant à l’indépendance et à la transparence des élections. Je pense que le rôle de l’ISIE est de garantir des élections transparentes et de comptabiliser le vote et non de faire pression. »

Et de conclure : « Pour revenir au taux de participation, cela n’est pas lié à l’organisation d’élections en Tunisie. On a déjà organisé des élections présidentielles en 2014 et en 2019 avec deux tours. Mais ce dernier résultat du premier tour catastrophique est marqué dans l’histoire de la Tunisie comme le faible taux dans le monde après la Deuxième Guerre mondiale, après Haïti. Et on n’est pas sûr qu’on fera un pourcentage meilleur que le premier tour, pour le second. »

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Nadia Dejoui
Nadia Dejoui, travaille depuis plus de 3 ans comme journaliste politique à l’Economiste maghrébin. Diplômée de l’ESJ-Paris-Tunis ( 2012), elle a acquis de l'expérience comme journaliste free-lance pour plusieurs sites d'actualité comme Webdo , Tunisie Numérique, Direct info et Mena-Post. Elle est passionnée par l’écriture créative et la gastronomie.

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