Kaïs Saïed à La Rabta : ne vaudrait-il pas mieux agir ?

Kaïs Saïed

Cela fait bien longtemps – et pas seulement depuis l’accession de Kaïs Saïed à la présidence ou depuis le 25 juillet 2021- que l’on met le doigt sur les problèmes sans corriger le tir.

Une fois de plus les faits et gestes du président de la République, Kaïs Saïed, peuvent interloquer tout un chacun. Encore une fois, et à l’occasion de sa visite inopinée à l’Hôpital de La Rabta, il évoque des problèmes ou des soucis sans nous indiquer réellement la voie à suivre pour en venir à bout. Et donc le moyen de trouver solutions aux problèmes évoqués ou du moins comment faire en sorte de corriger le tir.

Le citoyen a peut-être pris le pli de cette situation. Avec les affirmations quant à la spéculation qui est présentée comme étant quasiment la seule explication aux pénuries et autres hausses des prix qui peuplent notre quotidien. Et qui perdure malgré le fait qu’elle soit constamment l’objet d’une campagne. Ce qui est du reste de bon augure.

A ce juste propos, un internaute, Maher Abassi, a soutenu récemment que Kaïs Saïed a débattu en huit mois vingt fois de la question des spéculateurs et de la nécessité de lutter contre eux. Sans résultats, témoigne-t-il sur Facebook.

Une hémorragie de départ de cadres

Ainsi en est-il de ce qu’on pourrait appeler la fuite des médecins tunisiens évoquée par le premier magistrat du pays, le 1 er octobre 2022, lors de sa visite à La Rabta. Beaucoup de nos médecins ne cessent de faire leurs bagages pour aller faire montre de leur talent là où semble-t-il est l’herbe est on ne peut plus verte!

En d’autres temps une question comme celle-ci, soulevée au cours d’une visite inopinée, et sans faire l’apologie de l’ancien président Ben Ali, est suivie d’un Conseil interministériel ou d’une réunion à Carthage regroupant nombre de commis de l’État pour décider de ce qui doit être fait.

De toute façon, cette hémorragie de départ de médecins, qui ne concerne pas du reste qu’eux (ingénieurs, biologistes, gestionnaires, financiers,…), est là depuis des mois, pour ne pas dire des années; sans que l’exécutif réagisse vraiment. Certes, on ne peut pas empêcher quelqu’un, à fortiori un cadre, d’aller à la rencontre d’une expérience pour améliorer son quotidien.

Qui paiera la retraite des Tunisiens?

Mais qu’a-t-on fait pour retenir nos têtes bien faites? A-t-on une stratégie ou du moins une approche pour réguler ce difficile vécu? A-t-on entendu parler du reste d’une stratégie nationale en la matière ou encore d’actions concrètes? Avez-vous eu vent d’une stratégie pour remodeler le système de santé en crise depuis des années?

D’autant plus que le fait est gravissime. Car, comme l’a expliqué notre directeur, Hédi Mechri, à ce rythme-là on peut se demander qui paiera la retraite des Tunisiens? Qui s’acquittera des impôts et autres taxes qui permettront de bâtir un lendemain meilleur? Qui remboursera demain le stock colossal de la dette qui n’arrête pas de s’accumuler? Et qu’adviendra-t-il de notre médecine et de nos hôpitaux publics dont l’état est loin de satisfaire notre président?

Evidemment cela ne se vérifie pas qu’au niveau de l’exécutif, et pas seulement depuis le 25 juillet 2021. Mais à pratiquement tous les niveaux de la vie nationale et depuis belle lurette. Exemple parmi d’autres de cette inaction: depuis quand parle-t-on d’un plan de réformes économiques et financières? On se souvient qu’en 2018, et sous la présidence du gouvernement Chahed, on avait même confectionné une campagne d’information pour assurer l’adhésion des Tunisiens. Un proverbe chinois dit: « Mieux vaut agir une fois avec les mains que de regarder mille fois avec les yeux. »

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Mohamed Gontara est journaliste depuis un peu plus de quarante ans. Il est spécialisé dans les questions économiques et financières. Il est également universitaire. Il a enseigné le journalisme et la communication en Tunisie et à l’étranger.

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