FMI : l’Europe ne doit pas subventionner la hausse des prix de l’énergie

Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde les gouvernements européens contre une intervention dans la crise énergétique qui s’aggrave dans la région par le biais d’un soutien financier à grande échelle. L’institution financière pense favoriser plutôt la protection des ménages les plus vulnérables par un soutien ciblé. Les politiques existantes visant à protéger tous les consommateurs contre la hausse des coûts nuiraient aux économies européennes et décourageraient la transition énergétique.

Non au contrôle des prix

Jusqu’à présent, les Européens ont mis en place des contrôles de prix, des subventions et des réductions d’impôts de grande ampleur afin d’atténuer le choc. Les coûts de l’énergie ont grimpé en flèche sur le continent à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. Le FMI n’approuve pas cette démarche qui a coûté à certains pays 1,5% de leur PIB, tout en continuant à gonfler la demande. Cette politique ne fait que retarder l’ajustement nécessaire au choc énergétique, en réduisant les incitations pour les ménages et les entreprises à conserver l’énergie et à améliorer l’efficacité. Cela maintient la demande d’énergie mondiale et les prix plus élevés qu’ils ne le seraient autrement.

Au lieu de cela, le FMI a déclaré que les décideurs politiques devraient opter pour des politiques d’aide ciblées, en soutenant spécifiquement les ménages les plus pauvres. Ce choix coûtera seulement 0,4% du PIB en 2022 en moyenne si la compensation touche 20% des ménages et 0,9% du PIB si elle concerne 40%, ce qui est largement soutenable.

Les experts de l’institution ajoutent aussi qu’étant donné que les prix devraient rester élevés pendant plusieurs années, les arguments en faveur du soutien aux entreprises sont peu solides.

Réduire la consommation

Ces commentaires interviennent alors que les pays européens s’efforcent de trouver les moyens pour réduire leur consommation d’énergie et leur dépendance à l’égard du pétrole et du gaz russes.

L’Espagne a annoncé mardi de nouvelles mesures d’économie d’énergie, notamment en limitant la température de la climatisation et du chauffage dans les lieux publics. La ville allemande de Hanovre a interdit l’eau chaude dans les bâtiments publics, les piscines, les salles de sport et les gymnases.

Pendant ce temps, les géants de l’énergie récoltent les fruits de la hausse des prix. BP a enregistré son plus gros bénéfice trimestriel depuis 14 ans. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a critiqué ouvertement les compagnies pétrolières et gazières, qui semblent profiter de la crise énergétique. Pour lui, il est immoral qu’elles tirent des bénéfices records sur le dos des personnes et des communautés les plus pauvres.

 

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