Fête du travail: lorsque l’UGTT se fait plus précise

Le communiqué publié par la principale centrale syndicale du pays, à l’occasion du 1er mai 2022, ne ressemble pas à ceux qui l’ont précédé. Certes, il évoque le dossier social et les revendications du tissu ouvrier. Mais, il va plus loin en exprimant une exaspération. En effet, l’UGTT dit franchement qu’elle est lasse d’attendre. En pointant sa cible.

Certes, l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) est là. Bien fidèle à une tradition qui consiste pour elle, à l’instar des syndicats du monde entier, à publier un communiqué à l’occasion de la Fête du travail. Mais, celui que publie la principale organisation syndicale en ce 1er mai 2022 est à un certain titre différent des précédents.
Certes, l’UGTT revient dans ce communiqué sur le vécu syndical sous bien des coutures. Ainsi en est-il des critiques adressées à la politique économique et sociale qui ne prend pas en compte les intérêts vitaux de la classe ouvrière. Qu’il s’agisse de la « cherté de la vie », de la « politique fiscale », de la levée « de la compensation », du « développement du chômage », du « gel des salaires », de l’ « octroi d’avantages au milieux des affaires », etc. Et cela est bien normal pour un syndicat. On pourrait trouver ces reproches, notamment par ces temps difficiles, dans les communiqués et discours de dirigeants du monde syndical en cette occasion. Consacrés à la protestation du monde du travail et pour honorer le combat continu mené par ce dernier.
De même, il est inutile de préciser, ici, que les revendications quant à la revalorisation du SMIG, de l’application des accords passés, ou encore l’ouverture d’un nouveau round de négociations salariales sont dans l’ordre des choses.

« L’UGTT ne restera les bras croisés »

Quoique la célébration de la Fête du travail a cette année un aspect bien particulier. Et ce, avec la guerre en Ukraine et les répercussions encore vivaces de la crise du coronavirus dont les effets se font encore ressentir. Avec notamment la difficile relance du tissu entrepreneurial. Mais aussi le manque d’efficacité du gouvernement de Najla Bouden qui est du reste face à une crise, comme le pays n’en a que peu connu par le passé.
Une crise dont le gouvernement est responsable aux yeux de l’UGTT. Et c’est sous cet angle que le communiqué de la principale centrale syndicale est à analyser. Pour ce faire, il y a quelques expressions qu’on ne peut rater. A commencer par l’exaspération de la direction de la principale organisation syndicale. Elle dit qu’il n’est plus le temps d’attendre. Ne parle-t-elle pas de « la dernière chance » pour renverser la vapeur?
Second élément très significatif de ce même communiqué: l’UGTT va agir en vue de renverser cette vapeur si rien n’est fait en vue de changer le cours des choses. « L’UGTT ne restera les bras croisés », dit le communiqué publié à l’occasion du 1er mai 2022. Personne ne pourrait dire quelles pourraient être les formes de cette action. Mais on pourrait deviner qu’il pourrait s’agir de grèves, de manifestations et autres marches.

Boycotter les élections

Il va sans dire que de par des expériences passées, l’embrasement pourrait être en bout de course. Lorsqu’on sait le mécontentement dans certaines couches de la population touchées de plein fouet par la cherté de la vie et le chômage, tout pourrait arriver. Lorsqu’on sent venir également ce qui semble être une mobilisation d’une bonne partie de la classe politique. Il se trouve, à ce niveau, que celle-ci a atteint même des alliés du président Saïed. A l’instar du Mouvement du peuple (Echaab) qui a dit qu’il est possible qu’il boycotte et le referendum du 25 juillet et les élections législatives du 17 décembre 2022.
Dans ce même communiqué, l’UGTT introduit, par ailleurs, trois réflexions d’importance sur le même registre. A savoir: l’évocation de l’ « absence de volonté politique »; l’absence « d’une politique de dialogue »; et « le pouvoir personnel ».
Alors, on aura compris à qui ce discours est adressé et qui constitue la cible principale de ce type de discours. Même si toute la classe politique est tenue pour responsable de la situation décrite dans le communiqué publié à l’occasion de la Fête du travail.

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