UIB : l'année 2021 est celle des performances, malgré la pandémie

L’Union internationale de banques (UIB) a tenu aujourd’hui son Assemblée générale ordinaire à Tunis. Et ce, en présence notamment de son directeur général Raoul Labbé de la Genardière, du président du Conseil d’administration Kamel Néji et de la représentante de la Société générale, Véronique de la Bachelerie.

Il ressort des chiffres de l’exercice 2021 que la UIB a réalisé plusieurs performances au niveau financier. D’ailleurs, le rapport de l’activité de la banque affirme son implication social notamment dans  le secteur de l’éducation et de la santé. En effet, les indicateurs de performance de la banque font montrer 686,4MTND de produits d’exploitation bancaire, soit un taux de croissance de 3,6% par rapport à 2020. Le PNB a atteint en 2021 442,8 MTND, soit un taux de croissance de 10% par rapport à 2020.
En ce qui concerne le ratio commissions nettes/charges opératoires, celui-ci a atteint 59% en 2021 contre 35,3 en 2007 et 57,5 en 2020, le ratio corrigé est de 63,2%. Pour ce qui est du ratio commissions nettes/frais de personnel, il atteint 79,9% en 2021 contre 60,3% en 2007 et 81,1 en 2020, le ratio corrigé est de 87,8%. La même source affirme que le coefficient d’exploitation est de l’ordre de 53,3% en 2021 contre 103,9% en 2007 et 50,3 en 2020, le coefficient d’exploitation corrigé est de 50,3%. Quant à la productivité par agent, elle passe de 48,9KTND en 2007 à 295,8 KTND en 2021.
Concernant les résultats d’exploitation, ils sont de l’ordre de 159 MTND en 2021 contre 129,5 en 2020, soit une hausse de 22,8%. D’ailleurs, il s’agit de 81,4 MTND de résultat net au titre de l’exercice 2021. Et ce, en tenant compte d’un impôt sur les sociétés de 67,3MTND.

Chiffre record pour les crédits nets octroyés à la clientèle

Les fonds propres nets de l’UIB s’élèvent à 839,2 MTND (y compris les fonds propres complémentaires). En tenant compte des risques encourus totalisant 6471,9 MTND à fin 2021, le ratio de solvabilité est de 12,97%. L’événement a été également une occasion pour les décideurs de la banque pour exposer les perspectives de 2022, la stratégie et les projets de la banque.
Le montant des crédits nets octroyés à la clientèle en 2021 est de l’ordre de 5950 MTND, soit un taux d’évolution de 2% par rapport à 2020 (contre 4,7% pour les autres grandes banques privées et 4,4% pour les dix grandes banques).
Lors de son intervention devant les actionnaires, le président du Conseil d’administration de l’Union internationale de banques (UIB) Kamel Néji est revenu sur le contexte mondial actuel, ainsi que les chiffres clés de la banque. Il rappelle que la conjoncture mondiale est marquée par les rivalités entre les Etats-Unis et la Chine, la guerre en Ukraine, la stratégie «zéro-Covid» de la Chine, la volatilité des marchés ainsi quelques  sanctions contre la Russie et ses banques.
L’intervenant rappelle le double choc d’offre et de prix qui va au-delà de l’énergie pour concerner de nombreuses autres matières premières. Sans compter l’obstruction des chaînes logistiques, le ralentissement de la croissance et du commerce mondial des marchandises…, le retour de l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et les incertitudes autour des politiques monétaires en Europe et aux USA.  « Ce nouveau contexte représente des risques pour nos clients entreprises, comme pour nos clients particuliers. Il fait également courir des risques à notre pays qui a connu une récession, en 2020, avec une contraction du Produit intérieur brut de 8,2%. Avant même que le Covid-19 n’apparaisse », continue-t-il.

Retour sur les chiffres clés de la banque

Pour lui, la crise a amputé la croissance du Produit net bancaire (PNB) de 12 points de pourcentage au cours des deux derniers exercices. D’un rythme annuel moyen de 15% au cours de la période 2008-2019, la création de richesses – sous forme de PNB – a progressé de 2,8% par an depuis la crise Covid19 et de 10,1% en 2021. Ce niveau de croissance est sensiblement plus élevé que la fourchette du PNB des autres banques privées tunisiennes observée en 2021.
Le plus grand défi auquel la banque est confrontée, lance-t-il, est d’assurer un équilibre entre prise de risque et prudence réfléchie et raisonnée. Ce qui permet aussi d’allouer les capacités de financement là où elles sont le plus efficacement utilisées, et ce, dans le strict respect des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Autre point important, la crise n’a pas pu porter atteinte aux engagements de la banque. «Malgré la crise, nos engagements sont globalement sains avec une part des engagements bruts non performants dans le total des engagements de l’UIB avoisinant les 8% ». Autre point important, « notre portefeuille de créances à la clientèle ne contient aucune concentration qui exposerait l’UIB à un risque financier significatif », fait-il savoir. La banque a  également su répondre à la crise provoquée par la pandémie, car elle a « dû augmenter les dotations aux provisions de 85,2MTND au cours des deux derniers exercices, et ce, pour faire face au risque de défaut sur notre portefeuille de créances à la clientèle ».

Les états financiers individuels de l’UIB

Les états financiers individuels de l’UIB, arrêtés par le conseil d’administration du 18 mars 2022, font ressortir des capitaux propres positifs de 742 506 KTND, y compris un résultat bénéficiaire de l’exercice s’élevant à 81 369 KTND, en progression de 32%.
Le président du conseil d’administration affirme que « ce résultat aurait dû être meilleur sans l’impact découlant, d’abord, de la constitution de nouvelles provisions collectives, ensuite, de la baisse à deux reprises du taux d’intérêt directeur de la BCT en 2020 et enfin de la comptabilisation des charges – à caractère non récurrent – liées notamment à la révision de l’indemnité de fin de carrière suite à l’accord signé entre l’APTBEF et la Fédération des banques et des établissements financiers relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) passant de 6 à 12 mois ».  « Notre objectif est d’atteindre un résultat net de 115,7 MTND en 2023 – soit son niveau d’avant crise – et un ROE de 13,3% en 2023 et de 15% à l’horizon 2025 », fait-t-il savoir.

De bonnes performances pour séduire encore les actionnaires

Adressant la parole aux actionnaires, Kamel Néji affirme : « Votre banque est en bonne santé. Et vous avez de bonnes raisons d’en être fiers ». D’ailleurs, la capitalisation boursière de l’UIB a plus que quadruplé – depuis 2008. Elle représente 7,6% de la capitalisation boursière des banques cotées à la Bourse des valeurs mobilières de Tunis ».
La richesse boursière de l’UIB a bel et bien résisté. « Depuis la crise, la richesse boursière de l’UIB a bien résisté, cédant uniquement 6,4%. L’action UIB s’échange en moyenne 4,7 fois le résultat attendu en 2022 ; le ratio prix/valeur comptable est de 0,7% ».
Les dividendes servis – depuis 2014 – s’élèvent à 23% en moyenne des résultats nets. L’UIB a ainsi mobilisé 77% environ de ses résultats nets pour investir dans l’économie.  « A la faveur des résultats des derniers stress tests, la Banque centrale de Tunisie a pu relever que l’UIB est robuste et capable de surmonter le plus sévère des scénarios et de faire face à l’éventuelle détérioration des perspectives liées à la crise actuelle », lance-t-il.
Le premier trimestre 2022 s’inscrit dans le cadre de la performance, puisque « le PNB est en croissance de 9% environ, et ce, malgré le recul de la demande de crédit. Les charges opératoires sont orientées à la baisse et le coût du risque ressemble à ce qui était prévu. L’impact de la crise sur nos performances est peu visible à fin mars 2022 et nous ne prévoyons pas – à ce stade – d’ajustement à la baisse du résultat net estimé à 108,5 MTND en 2022. Il demeure clair que nous pourrions revoir nos prévisions si la situation l’exigeait.

De la nécessité de rassurer la Société générale

Évoquant le partenaire/actionnaire historique de l’UIB, la Société générale, Kamel Néji affirme que la Société générale « partage, aujourd’hui, nos espoirs. Malgré un sentiment de crainte qu’inspire la dégradation à répétition de la notation souveraine, la Société générale a des raisons profondes de continuer à regarder la Tunisie avec bienveillance et optimisme ». « La relation SG-UIB ne peut s’inscrire que dans la durée. Elle est appelée à se réinventer via de nouvelles initiatives et de nouvelles sources de création de valeur », continue-t-il.
Autre indicateur performant qui plaide pour la solidité de la banque : « Le PNB a évolué de plus de 15% par an au cours de la période 2008–2019 et a touché le plus haut du secteur. De son côté, le ROE a atteint 22% avant la crise, un niveau rarement atteint par nos concurrents ».
Fier et déterminé à la fois, il affirme que « l’UIB est, aujourd’hui, un atout pour la SG en Afrique et au Maghreb ». La stratégie de la banque pour 2022–2025, en cours d’élaboration, s’appuiera sur une vision et une ambition alliant le principe de rattrapage et le principe de précaution. D’ailleurs, elle intégrera les aléas pour « prévoir l’éventualité de l’imprévu ».

Placer l’humain au cœur de la stratégie digitale

Exposant sa vision pour la transformation digitale de la banque, Kamel Néji affirme que « l’UIB n’a pas vocation à être – dans un avenir proche – une banque totalement dématérialisée et automatisée. Nous allons, par conséquent, continuer à placer l’humain au cœur de notre stratégie digitale ». L’objectif de la banque est « de pouvoir avancer dans la digitalisation de la chaîne de traitement mais aussi dans la désintermédiation des opérations courantes – à faible valeur ajoutée – de manière à mieux positionner nos collaborateurs sur des activités à forte valeur ajoutée ».
Pour cette raison, « nous allons continuer à investir dans l’humain, comme dans le digital ». A la fin de son intervention, il affirme que la banque doit faire face à plusieurs défis. Il s’agit du numérique, le défi de la sécurité des infrastructures et des données face à la recrudescence des cyber-attaques, le défi humain, le défi de la différenciation en termes d’innovation et de qualité de services. Ainsi que le défi concurrentiel. A noter que Kamel Néji est revenu sur les actions sociales de la banque et le dialogue avec le partenaire social. Il affirme encore que l’UIB est une banque citoyenne et responsable.

Un regard sur les perspectives de l’UIB

Le directeur général  de l’UIB  Raoul Labbé de la Genardière s’est attardé sur les perspectives de l’UIB en 2022. Il plaide pour un rayonnement de la banque au Maghreb et en Afrique. Ainsi, il est question de « développer, valoriser et promouvoir nos talents et consolider la notoriété de notre banque ». Dans le cadre des perspectives, l’UIB restera une banque au service de l’économie tunisienne, tout en assurant la promotion et le développement de ses collaborateurs. Il affirme que la banque est dotée d’une culture de responsabilité sociale et environnementale.
De son côté, la représentante de la Société générale, Véronique de la Bachelerie, a affirmé lors de son intervention l’importance de l’UIB pour la Société générale. Pour elle, l’UIB s’inscrit dans un cadre de multi-performance. «  Nous recherchons une croissance rentable de façon à répondre aux exigences de nos actionnaires », lance-t-elle.
 

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