Scepticisme sur une désescalade: la Russie se concentre sur le Donbass

Russie-Ukraine

“Les négociations se poursuivent mais pour l’instant ce n’est qu’une question de mots”. Ainsi a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Un haut responsable ukrainien annonçait de son côté que la Russie et l’Ukraine reprendraient les pourparlers le 1er avril. Cependant, aucun compromis n’est en vue sur la Crimée et le Donbass. Et l’hypothèse d’une force de maintien de la paix en Ukraine est avancée.

Pour l’instant, il n’y a pas eu de désescalade radicale “pour permettre à Kiev de prendre des décisions importantes”. Alors que les négociateurs russes le déclaraient un peu plus tôt. L’opinion publique de la Russie, par la télévision d’Etat, est rassurée sur le déroulement des rencontres.
“L’Ukraine a fondamentalement accepté nos demandes”, précisait le délégué du président Medinsky. Il indiquait de plus qu’elle refusait d’adhérer à l’OTAN. De même qu’elle acceptait l’établissement d’un statut de pays non aligné. En refusant la possession, l’acquisition et le développement d’armes de destruction massive et le déploiement de bases militaires étrangères et de contingents militaires.
“Il y a un élément important: le fait que nous ayons choisi de mettre en place un plan dans lequel Moscou sortirait vainqueur est le signe que peut-être quelque chose bouge. Parce qu’il n’y a pas de compromis – et il n’y en aura pas bientôt – sur la Crimée et le Donbass”. Par ces propos, V. Zelensky a réitéré que la souveraineté sur le Donbass et la Crimée n’est pas négociable. Certains craignent que le repli tactique des positions de l’armée vers le nord ne soit nullement une concession de négociation. Mais qu’il s’agisse plutôt d’un repositionnement pour écraser plus fortement le Donbass et le front sud.

Pas de compromis sur la Crimée et le Donbass

Sur la Crimée, l’offre ukrainienne d'”en discuter bilatéralement au cours des 15 prochaines années” est rejetée. En fait, aucun des deux gouvernements ne peut se permettre, devant son opinion publique, de remettre en cause sa possession. Car, sur le Donbass, la situation militaire est trop confuse pour dessiner des points fermes sur la carte. En effet, la région est divisée en quatre: les deux républiques séparatistes de Donetsk et Lougansk; le Donbass ukrainien; et les territoires conquis par les Russes à partir du 24 février.

L’hypothèse d’une force de maintien de la paix en Ukraine

Selon de nombreux observateurs occidentaux, le plan russe en Ukraine a échoué. D’ailleurs, ils estiment que sa cible minimale est le Donbass et Marioupol. “Non, – réplique Claudio Graziano, général qui préside le Comité militaire de l’UE – c’est juste un arrêt opérationnel. On a des expériences de campagnes russes en Géorgie, en Syrie, en Crimée, en utilisant quelques forces très efficaces. S’ils reculent, ils le font pour se réorganiser”, explique-t-il.
Sur la question d’un éventuel déploiement d’une force de maintien de la paix en Ukraine, M. Graziano, qui était en 2007 au Liban à la tête d’une force d’interposition, précise : “C’est assez compliqué, mais ça peut se faire. Au Liban, il y avait un accord des Nations Unies. Ici, il faudrait un accord russo-ukrainien pour demander l’intervention d’une force de maintien de la paix.” Ajoutant que le problème, est que la Russie siège au Conseil de sécurité de l’ONU et dispose d’un droit de veto.
Cependant, avant tout, les hostilités doivent cesser et il faut mettre en place un groupe d’interposition avec des effectifs importants. Soit de 15 000 à 20 000 hommes, déployés le long de la frontière sur le Donbass. Avec des indications et des règles d’engagement claires et un mandat très précis.

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