Etude – Tunisie : l’urbanisme en difficulté

étude urbanisme
Photo: Association Tunisienne des Urbanistes - ATU

Le Forum Ibn Khaldoun pour le Développement organisait un débat à partir de l’étude « Aménagement du territoire et visions prospectives des villes ». Mme Raoudha Jebari Larbi, architecte générale et urbaniste, en assurait la présentation.

Selon l’étude, des disparités géographiques et des écarts de développement entre les régions marquent encore la Tunisie. De même, un étalement urbain non maîtrisé la pénalise. Elle souffre aussi d’une centralisation exagérée.

En termes de performance, il s’avère que la politique d’aménagement a été davantage politique que stratégique. Elle a souffert d’un manque de cohérence entre les structures territoriales et sectorielles responsables. Cette politique souffre aussi de coordination entre la multitude des acteurs. Le constat final explicite le contraste du déséquilibre flagrant des territoires.

L’étude a aussi présenté les principales difficultés du développement urbain. « La planification urbaine a dépassé les moyens de l’Etat. Il en résulte des difficultés à maitriser les effets de la croissance ». C’est également ce que souligne le Forum Ibn Khaldoun pour le Développement.

L’urbanisme a été aussi décentralisé au bénéfice des collectivités locales (code de 2018) dans l’affectation et l’utilisation des sols. Cependant, les défis, auxquels les collectivités sont amenées à faire face, concernent aussi bien la gouvernance que la qualité de l’habitat et la compétitivité économique. Et ce, dans un contexte de durabilité garantissant le vivre ensemble, l’équité et la mixité sociale.

Les outils sont nombreux, mais la réglementation complexe. En définitive, c’est le « Plan d’Aménagement Urbain », approuvé par le chef de la commune, qui fixe les règles et servitudes d’utilisation des sols.

Les problèmes n’en sont pas moins nombreux et divers: prolifération de l’habitat anarchique; dégradation de l’environnement et du cadre de vie; spéculation foncière; manque d’innovation. Mais aussi: interventionnisme anarchique des autorités locales; inefficacité du contrôle et de la maitrise du foncier; absence de toute approche participative et interactive.

Appréhender le territoire national dans sa totalité géographique

Les participants à ce débat ont rappelé que l’aménagement est la mise en cohérence des actions de tous les acteurs publics et privés. Et ce dans le cadre d’une démarche globale. Ce qui permet d’appréhender le territoire national dans sa totalité géographique et dans sa continuité historique. Ainsi, le Forum Ibn Khaldoun pour le Développement a recommandé de:

  • Replacer l’Etat au cœur d’une politique nationale d’aménagement du territoire en faisant un critère prioritaire de la régulation et des choix d’investissement public;
  • Positionner la structure chargée de l’aménagement du territoire au sein de la Primature (Commissariat). Il faut lui accorder la mission de coordination stratégique du territoire national avec et au-dessus des différents secteurs;
  • Passer d’une logique de texte juridique à une culture de « projets structurants ». L’objectif consiste à répondre aux enjeux de renouvellement urbain par une planification urbaine intégrée et durable;
  • Prendre dûment en considération les grands enjeux du pays que sont l’eau, l’énergie, le transport, l’espace rural, les espaces urbains, le littoral ainsi que l’environnement terrestre et marin.

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