Réduire les salaires dans la fonction publique n’est pas la solution!

les salaires

Réduire les salaires de 10% dans la fonction publique. C’est la proposition que le gouvernement aurait demandé à l’UGTT de soutenir. Une telle annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre. De quoi se poser des questions.

Ainsi, on se demande si cette décision de réduire les salaires est une solution qui peut résoudre un certain nombre de problèmes. La réponse est non d’après l’économiste Moez Joudi.

En effet, il a estimé que le nombre des fonctionnaires en Tunisie était de 435.000, à fin de 2010 (administration sans compter les entreprises publiques), pour une masse salariale de 7,5 milliards de dinars.

Alors que dix ans plus tard, le nombre de fonctionnaires publics est de 661.000, pour une masse salariale de 20.3 milliards de dinars.

Ce qui veut dire, selon son analyse, qu’entre 2010 et 2021, il y a eu 226.000 fonctionnaires publics de plus recrutés dans l’administration. Soit 12,8 milliards de dinars d’augmentation au niveau de la masse salariale publique.

De ce fait, il précise dans ce contexte: “Nous avons aujourd’hui une moitié des effectifs qui nous coûte presque le double de toute la masse salariale de 2010?! Avec des services et des prestations administratifs moindre en termes de qualité, une moyenne de croissance inférieure à 2% (sans même prendre l’année catastrophique 2020) et des déficits budgétaires à deux chiffres”.

“La solution durable n’est pas de réduire les salaires”

Avant d’ajouter: “La solution durable n’est pas de réduire les salaires pour tous les fonctionnaires et léser ainsi les anciens, les plus qualifiés et les plus productifs. Mais de réduire les effectifs et d’assurer une meilleure gestion des effectifs restants. Les départs à la retraite ne doivent plus être remplacés, les recrutements de l’amnistie de 2011 doivent être revus et les emplois fictifs doivent être supprimés. 500.000 fonctionnaires en Tunisie suffisent largement pour faire tourner l’administration tunisienne et assurer les meilleures prestations aux citoyens.”
Pourtant, selon certains, 350. 000 fonctionnaires suffisent à faire tourner l’administration.
Ainsi, Mohamed Ali Mankai, analyste politique, souligne l’importance de réduire le nombre de fonctionnaires, en supprimant tous les emplois fictifs. Et surtout, il faut mettre un terme à la mascarade de la titularisation et des promotions automatiques.
De ce fait, il conclut: “La fonction publique se mérite et ne doit en aucun cas être un palliatif au chômage. “

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