Elyes Kasri : “La classe politique et le peuple tunisien n’ont pas fait preuve de maturité”

Elyes Kasri

Comment expliquer cette turbulence du paysage politique que connaît le pays en ce moment? De plus, on se demande si un de ces jours, le pays retrouvera une relance économique et sociale. Autant de questions suscitant des réactions. A l’heure actuelle, il semble que les Tunisiens ne voient pas le bout du tunnel. Aujourd’hui, tout le monde, société civile, classe politique, experts en économie dénoncent cette latence.

Elyes Kasri, ancien ambassadeur de Tunisie en Allemagne, au Japon, en Inde et en Corée, souligne pour sa part que la classe politique et le peuple tunisien n’ont malheureusement pas fait preuve de la maturité et du sens des responsabilités requis par la gravité de la situation. Ce qui veut dire selon lui que les décisions difficiles et douloureuses seront très probablement prises à notre place. “Et elles nous seront imposées par le FMI et le Club de Paris. Attachez vos ceintures, nous nous approchons d’une zone de turbulences”, annonce-t-il.

Plus encore, depuis le 25 juillet, plus précisément depuis l’annonce des mesures exceptionnelles prises par le président de la République Kaïs Saïed, les choses ne se sont pas accélérées comme il le fallait. Quatre mois plus tard, résultat des course: absence de réformes; crise socio-économique, qui s’aggrave de plus en plus et risque d’exploser d’un moment à un autre. Et à cela s’ajoute un isolement international de plus en plus évident et potentiellement coûteux.

“Kaïs Saïed perd progressivement le soutien politique”

D’après Elyes Kasri, le Chef de l’Etat met l’accent sur l’importance de la mise en place des réformes qui sont nécessaires. Il précise dans ce contexte: “Kaïs Saïed perd progressivement le soutien politique et syndical qui lui sera nécessaire. Et ce, pour engager les réformes rendues nécessaires et inévitables par la dégradation de l’économie nationale. Ainsi que la perspective d’une cinquième vague de Covid-19.”
Et de poursuivre: “En s’isolant avec les pleins pouvoirs qu’il s’est arrogé, il risque de se retrouver seul face aux réfractaires du changement et des sacrifices incontournables. A part la nébuleuse populaire qui semble lui servir de base et dont le credo idéologique semble être « tous des voleurs » sans alternative tangible. Si ce n’est une litanie de slogans de café de quartier.”
Et de conclure: “Pour affronter le cap douloureux des réformes, Kaïs Saïed a encore une chance de se poser en rassembleur pour capitaliser sur le sursaut national suscité par le 25 juillet. Le temps presse, les nuages s’accumulent et l’orage approche.”

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