Quand le victimisme pleurnichard est poussé aux confins du ridicule!

Ghannouchi

Contre le « pouvoir absolu d’un seul homme», suivez mon regard. « La seule option aujourd’hui est la lutte, naturellement la lutte pacifique, car nous sommes un mouvement civil. Ennahdha, les autres partis et la société civile se battront pour récupérer leur Constitution et leur démocratie ». C’est ce que déclarait, hier jeudi, Rached Ghannouchi lors d’un entretien accordé à l’AFP. Extraits.

Privé de son salaire, Rached Ghannouchi n’en a cure, de voitures de fonctions, de son bureau imposant au palais du Bardo, du tapis rouge et des ors de la République, le Cheikh se démène comme un diable pour se présenter à l’international comme le défenseur de la démocratie et des acquis de la Révolution, comme s’il y était pour quelque chose. De surcroit, il veut vendre au monde l’image de l’homme qui ose dire non à la « dictature rampante » en Tunisie.

Ainsi, il change son fusil d’épaule de défenseur de l’islam en péril sous le règne de Ben Ali pour le beau rôle de dernier rempart contre le nouveau « despotisme » de Kaïs Saïed. Une belle leçon  d’opportunisme en politique. Chapeau l’artiste…

« Lutte pacifique », dites-vous?

Multipliant les apparitions dans la presse internationales, après Reuters et  Al-Araby Al-jadid, Rached Ghannouchi avait accordé dans son bureau de Montplaisir un entretien au correspondant de l’Agence France Presse, le 23 septembre 2021. Et ce, pour appeler à une « lutte pacifique » contre « l’autocratie absolue » instaurée, selon ses dires, après les nouvelles mesures prises par le président Kaïs Saïed.

« J’appelle au militantisme pacifique contre le pouvoir individuel et absolu. D’ailleurs, c’est contre cela que la Révolution a eu lieu » a-t-il dit. Car pour lui, « c’est un retour en arrière. Un retour à la Constitution de 1959. Le retour vers le pouvoir absolu d’un seul homme contre lequel la révolution a eu lieu ».

« La seule option aujourd’hui est la lutte, naturellement la lutte pacifique, car nous sommes un mouvement civil. Ennahdha, les autres partis et la société civile se battront pour récupérer leur Constitution et leur démocratie ». Ainsi martelait le chef historique d’Ennahdha, 80 ans passés.

En réaction aux mesures prises par le chef de l’Etat tunisien le 25 juillet, en promulguant des dispositions exceptionnelles renforçant ses pouvoirs au détriment du gouvernement et du Parlement, auquel il va de facto se substituer en légiférant par décrets, Ghannouchi estime que l’annonce du président de la République est « un coup complet contre la démocratie, contre la révolution et contre la volonté du peuple ». Il estime qu’« il n’y a plus de place aujourd’hui que pour la lutte. Nous sommes un mouvement civil et notre lutte est pacifique ».

Et d’ajouter: « Nous avons appelé notre peuple à s’engager dans toute action pacifique qui résiste à la dictature et ramène la Tunisie sur le chemin de la démocratie… Nous voulons remettre le train tunisien sur le chemin de la démocratie ».

Un soi-disant mea culpa

Toutefois, le président gelé du Parlement pratiquement dissout a fini par reconnaitre que son parti était partiellement responsable de la crise qui a motivé le président, le 25 juillet, à s’arroger les pleins pouvoirs. Il déclare: « Ennahdha n’était pas au pouvoir mais a soutenu le gouvernement, malgré les reproches que nous avions envers lui ».

Boniments et Contrevérités… Puisque des ministres nahdhaouis figuraient en grand nombre quasiment dans tous les cabinets ministériels et que rien ne se faisait sans l’aval de Montplaisir. Donc un peu de pudeur M. Ghannouchi.

« Mise à jour » de la Constitution de 2014 ?

« La Constitution a été élaborée par toutes les forces démocratiques et elle a été adoptée par plus de 90% des élus au Parlement, islamistes et non-islamistes. Nous tenons à cette Constitution et nous nous battrons avec tous les autres partis qui l’ont approuvée afin qu’elle soit respectée ». C’est par ailleurs ce que soulignait le chef du parti islamiste. Tout en affirmant ne pas être contre une « mise à jour » de la Constitution de 2014, source de conflits récurrents. « A condition de passer par le Parlement et non par des décrets présidentiels ».

Trop tard, M. Ghannouchi. Il n’est plus possible de miser car les jeux sont faits!

 

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