Discours de Kaïs Saïed à Sidi Bouzid: les observateurs politiques réagissent

Kaïs Saïed

Que déduire du discours du président de la République Kaïs Saïed à Sidi Bouzid? Les analystes politiques dressent un état des lieux.

Abdelaziz Belkhoja, analyste politique, est revenu sur la communication de Kaïs Saïed. Tout en présentant sa feuille de route. A savoir: la dissolution de fait de l’ARP; l’abolition de la Constitution de 2014; l’élaboration d’une nouvelle Constitution à régime présidentiel; la protection absolue des libertés et des droits fondamentaux; et aller vers un nouveau code électoral (scrutin majoritaire à deux tours).

De ce fait, Abdelaziz Belkhoja souligne l’importance d’un nouveau gouvernement, mais aussi d’un nouveau régime et d’une nouvelle vision. Ce qui nécessite, selon ses dires une période de grâce au moins jusqu’en janvier. Cela dit, il estime que le discours ne mentionne guère le volet économique.
De son côté, Adnene Belhaj Amor a mis l’accent sur l’absence dans le discours de Kaïs Saïed de l’emploi du mot démocratie. Il précise dans ce contexte: « Il n’a jamais évoqué la question économique, jamais parlé de la nécessité de remettre à l’ordre du jour la valeur travail. Je suis interloqué par ces lectures rêveuses et un peu crédules du président. »
Passer du rêve à la réalité. C’est ce qu’a souligné Mohamed Jouili, le sociologue, lors de son intervention aujourd’hui sur les ondes de Mosaïque fm. Tout en ajoutant: « Le Chef de l’Etat devra passer du romantisme à la dure réalité ». En d’autres termes, il sera dans l’obligation de composer avec les organisations nationales comme l’UGTT, ainsi que les acteurs économiques pour mettre un terme à une situation de crise.

D’ailleurs, il ajoute: « Même si le président bénéficie d’un large soutien auprès de ses sympathisants, les choses changeront dans deux ou trois mois. Car ils lui demanderont d’agir. »

Pour Mohamed Jouili, le Chef de l’Etat a pour objectif de mettre un terme à ce système que connaît le pays depuis dix années. Et ce, à travers l’emploi de termes afin de convaincre « le Peuple » de sa volonté de rompre avec le passé. Et de souligner: « L’emploi entre eux et nous devient de plus en plus répétitif. Même si ce genre de discours ne peut en aucun cas durer trop longtemps. »

En somme, si on se fie à ce discours le volet économique est absent. Alors que les défis sont de taille. A l’instar des charges de financement (intérêts de la dette) qui se sont élevées à 1.9 milliard de dinars, soit presque au même niveau que l’année dernière (+0.5%). Sans oublier le taux de chômage du deuxième trimestre 2021 qui s’élève à 17.9%. D’où l’urgence d’aujourd’hui est d’ordre économique plus que politique.

D’ailleurs, on se demande si le Chef de l’Etat a l’intention d’ouvrir ces grands chantiers. L’avenir nous le dira même si le temps presse, car chaque minute compte si on veut progresser. Comme le dit le vieux dicton, si on n’avance pas, on recule.

A bon entendeur…

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