Administration publique : créatrice ou destructrice de valeur ? Les chiffres

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La valeur ajoutée est la richesse créée par une entreprise ou un secteur, qui sera ultérieurement répartie entre rémunération du travail (salaires) et rémunération du capital (profit). En d’autres termes, il faut que ce surplus couvre au moins la masse salariale, sinon c’est de facto une destruction de la valeur.

Pour l’administration tunisienne, qui asphyxie les finances publiques, c’est probablement le cas. Si nous prenons les derniers chiffres du PIB, nous constatons que la valeur ajoutée créée par l’administration publique s’est établie à 19 891,9 MTND fin 2020 contre une masse salariale de 19 203 MTND. Les comptes sont donc bons.

In fine, et en dépit de toutes les critiques qu’on adresse jour et nuit aux fonctionnaires, l’Etat ne met théoriquement pas la main à la poche pour rémunérer ses effectifs.

Cet excédent s’est effrité en 2020 à cause de la crise sanitaire. Si nous prenons les chiffres de 2019, la valeur ajoutée était de 19 246,9 MTND contre des rémunérations globales de 16 765 MTND.

La longue série des revalorisations salariales a lourdement affecté le solde que l’administration dégage.

Subventionner les fonctionnaires !

Pour 2021, les services de l’administration publique et de défense affichent une croissance nulle au premier trimestre et de 0,4% au deuxième. La hausse serait clairement faible à cause de la succession des couvre-feux et des périodes de travail en mode séance unique durant le mois saint, les deux mois d’été et les 14 jours récemment ajoutés à cause de la Covid.

Pour couvrir la masse salariale de cette année, qui serait de 20 118 MTND, il faut que la valeur ajoutée de l’administration croisse de 4,8% en rythme annuel. Ce qui ne serait pas le cas. Il est fort probable que la valeur ajoutée soit concrètement inférieure à la masse salariale, ce qui serait en effet un échec cuisant pour dix ans de pseudo-révolution.

C’est l’un des chantiers prioritaires pour la Tunisie. L’Etat est en train de subventionner les produits de base, les carburants et le transport (1 397 MTND jusqu’à fin juin 2021) et donne des garanties au profit des entreprises publiques pour qu’elles paient les salaires. Il risque aujourd’hui de se retrouver obligé de subventionner en partie ses fonctionnaires. C’est tout simplement inadmissible pour un pays qui se respecte, même s’il est socialiste.

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