Par Neila Charchour: Lorsque le peuple Veut …..

Neila Charchour

La crise démocratique n’a pas commencé avec les dernières décisions du président Kais Saied. Elle a commencé depuis les toutes premières élections lorsque le parti Islamiste Ennahdha a formé une troïka avec deux partis séculaires.

L’un était présidé par Moncef Marzouki et l’autre par Mustapha Ben Jaafar. A première vue ca semblait démocratique et rassurant. En réalité cela avait permis à cette troïka d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée.

L’accord entre eux était de donner la Présidence de la République à Moncef Marzouki et la Présidence de l’Assemblée à Mustapha Ben Jaafar. Par conséquent, même réunis, le reste des partis n’avient pas un nombre de voix suffisants pour s’opposer à leurs décisions. C’était finalement une nouvelle forme de dictature puisqu’il n’y avait plus d’opposition capable d’être efficiente.

La première copie de la Constitution était empreinte d’Islamisme

Lorsque la première copie de la constitution fut prête, la colère gronda de partout tant cette copie était empreinte d’Islamisme. N’ayant que la liberté d’expression ou les manifestations pour s’exprimer, bon nombre de députés s’organisèrent pour faire un sit-in devant l’Assemblée. Ils furent fortement soutenus sur place par des milliers de Tunisiens. Le sit-in dura un mois entier pour aboutir, à l’initiative de l’UGTT, au Dialogue National.Le sit-in a fini par permettre de corriger la constitution. Tout le monde enregistra que seule la mobilisation populaire pouvait changer les choses.

Entre temps il y a eu les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi. Des milliers et des milliers de personnes de personnes envahirent les rues en scandant «  Ghanouchi assassin! ». Si on ne pouvait le prouver, la conviction était là et depuis Ennahdha a été considérée comme un parti violent et terroriste. La confiance fut totalement rompue face à l’incapacité des députés à agir. Bien entendu, au fil du temps, les actes terroristes se multiplièrent et ciblèrent en particulier l’armée et la garde présidentielle.

A l’époque aucun pays étranger n’a condamné fermement tous ces agissements antidémocratiques. Pas même lorsque l’Ambassade Américaine fut attaquée. Les USA se sont alors contentés de demander une compensation financière.

Puis lors des premières élections libres, Feu le Président Caid Essebsi durant sa campagne avait promis de découvrir les assassins de nos deux martyrs de la démocratie et affirma que son Parti Nidaa Tounes et Ennahdha étaient deux lignes parallèles qui ne se croiseraient jamais. Un million de femmes ont vues en lui celui qui les débarrasserait d’Ennahdha et votèrent pour lui. Les femmes étant les plus à risque si des fois un régime Islamiste s’enracinait.

Seulement Feu le Président Caied Essebsi eu une rencontre secrète à Paris avec Ghanouchi sans qu’aucun des deux ne consulte son parti. Ils se sont promis un soutien mutuel à la condition que Caied Essebsi soit élu Président. Ce fut fait.

Démocratie naissante

Une fois à Carthage Feu le Président Caied Essebsi créa une coalition avec Ennahdha au grand damne du million de femmes qui l’ont élu et qui espéraient une consolidation de leurs droits acquis qui pourraient disparaitre. Bien sûr nous n’avons jamais su non plus qui a tué nos martyrs de cette démocratie naissante.

Le pire à mes yeux a été l’envoi de nos jeunes mourir en jihadistes en Syrie sous un drapeau qui n’est pas le leur et des femmes djihadistes sexuelles pour apaiser et encourager de pauvres jeunes totalement paumés.

Depuis les dernières élections

Depuis les dernières élections par contre, le moins que l’on puisse dire en respect à ceux qui ne l’ont pas voulu, nous avons eu droit à une assemblée folklorique, chaotique et parfois même usant de violences verbale et physique. Une Assemblée et un Chef du Gouvernement incapables de respecter le Président de la République Kais Saied l’obligeant à se comporter comme un opposant pour porter la voix du peuple tunisien totalement oublié et sciemment ignoré.

Situation politique

Lorsque nous rajoutons à cette misérable situation politique, qui n’a rien d’un esprit démocratique :

  • Les fraudes électorales
  • Des sommets de corruption et de vol des deniers de l’Etat
  • Un endettement jamais atteint dans notre pays
  • L’absence de toute reprise économique
  • Une Justice NON indépendante
  • Une cour constitutionnelle jamais mise en place depuis six ans
  • Des sommets de cherté des denrées alimentaires et de première nécessité
  • Des morts quotidiennes en Méditerranée
  • Une gestion catastrophique de la pandémie

Il est tout à fait normal que les jeunes ne voient rien de bon de ce semblant de démocratie de mauvais gout et qu’ils manifestent, dans toute la République, de toutes leurs forces le 25 juillet,  jour de la fête de la République. Eux qui après la révolution, rêvaient d’une renaissance, se sont trouvés pris au piège des intérêts politique, partisan et même personnel.

Les décisions du Président Kais Saied, le soir même, ne pouvait être que le plus grand des soulagements et la porte de nouveau ouverte à l’espoir. Un redressement, d’une situation en totale dérive, soutenu par 86% des Tunisiens. La démocratie peut se pratiquer sous différentes formes et la forme actuelle a bien démontré ses limites.

Aujourd’hui le monde entier sait comment a évolué le peuple tunisien qui ne se laissera jamais plus marcher sur les pieds. Tant pis pour ceux qui ne l’ont pas compris.

Neila Charchour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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