Géopolitique: Tunisie, la problématique du dialogue national

dialogue national

Absence de leadership, gouvernance bloquée, occultation des attentes sociales, crise économique, mise en dépendance, certains parlent même d’un « pays orphelin ». Dans cette situation sans horizon, des politiciens présentent le dialogue national comme solution miracle. Qu’en est-il au juste? N’aliène-t-il pas les règles du jeu de la vie politique?

La gouvernance démocratique est l’expression de la vie des partis, qui, par définition, ont une philosophie ou une idéologie commune, qui inspire son action. Avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir. La gouvernance renvoie ainsi à un système d’entités décisionnelles qui dirige un certain domaine d’activités. Autrement dit à un « système de gouvernance ». Lequel implique notamment une structure de gouvernance et un dynamisme de système (processus de gouvernance, activités de gestion, etc.). Comment interviendrait donc une initiative de dialogue national?

Chaque parti élabore un programme présentant ses propositions qui, s’il remporte les élections, seront reprises dans le projet du gouvernement. Il a donc pour objectif de se faire élire, d’exercer le pouvoir et de mettre en œuvre un projet politique. La gouvernance implique alors la mise en présence simultanée de plusieurs statuts d’acteurs.

Jeu politique

Or, une feuille de route de consensus, produit d’un dialogue national, annihilerait les programmes politiques des partis. Annihilant de ce fait le jeu politique.

A cet égard, le dialogue national ne peut être mis à l’ordre du jour, que dans les situations d’exception. Et ce, pour traiter des questions précises, dont l’enjeu national transgresserait les programmes partisans. Le dialogue national de 2013, permit de traiter la crise idéologique bipolaire, imposant une entente de l’islam politique avec les forces modernistes.

Mais le consensus gouvernemental qui s’en suivit réduisit le champ d’activité du gouvernement, occulta les projets de gouvernement et accorda la priorité à la gestion de l’administration, délaissant les enjeux majeurs.

La crise économique et l’endettement furent le résultat d’une absence de gestion globale, dynamique et d’avenir. Les gouvernements de consensus de Youssef Chahed et le ministère apolitique de Hichem Mechichi n’ont pas réussi à adopter une définition plus flexible de l’exercice du pouvoir, reposant sur une plus grande ouverture du processus de décision.

Dans l’état actuel des choses, le dialogue national devrait traiter en premier lieu la question du blocage politique. Mais aussi reformuler le consensus de la révolution et préparer le choix d’un gouvernement politique, en relation avec les acteurs politiques. De ce point de vue, le dialogue national devrait être dirigé par un coordinateur au-dessus de la mêlée. Lequel devrait être susceptible de débloquer la situation et de mettre les pendules à l’heure; sans annihiler les programmes des partis, libérant leur jeu politique.

 

 

 

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