Institut Montaigne : la Tunisie, un enjeu pour la Turquie et le Qatar

Institut Montaigne

Dans son rapport intitulé « La stabilité du Maghreb, un impératif pour l’Europe », l’Institut Montaigne a rappelé que la Tunisie, ainsi que le Maroc et l’Algérie, font l’objet d’un intérêt différencié de la part des grands acteurs régionaux et mondiaux.

L’Institut Montaigne est revenu sur les relations tuniso-françaises et tuniso-européennes. Le rapport a précisé que le total de flux publics nets de remboursements entre 2008 et 2017 dépasse les 11 milliards de dollars.

A ce sujet, l’institut a, également, souligné le rôle de la France en tant que le plus important des bailleurs bilatéraux. Le rapport a souligné la forte mobilisation financière des bailleurs occidentaux. Celle-ci traduit leur volonté d’accompagner la transition politique tunisienne et faciliter sa stabilisation économique.

Par la suite, l’Institut Montaigne a rappelé que le poids des importations chinoises a quasiment doublé en dix ans. Il est passé de 5% à 9% en l’espace de 10 ans.

Néanmoins, le rapport estime que la Chine « ne cherche pas particulièrement à s’implanter dans le tissu économique tunisien ». Il explique la relation Tuniso-chinoise par des intérêts pour les infrastructures portuaires et logistiques du nord de la Tunisie.

En contrepartie, la part de la France a diminué passant de 21% à 14% pour la même durée. D’un autre côté, les investissements provenant du Golfe ont augmenté pour atteindre 39% du stock d’IDE en 2019.

A titre d’exemple, le stock d’IDE provenant des Émirats Arabes Unis représentait 22% du total, ceux du Qatar 11% et ceux provenant de France 16%.De son côté, la Turquie a enregistré une stabilité des importations à hauteur de 4%. Le rapport note l’implantation de filiales d’entreprises turques particulièrement dans le domaine de la construction et du BTP.

Par ailleurs, l’institut a souligné une expansion de la part des entreprises turques dans le domaine des travaux publics. Ceci « pourrait aller de pair avec le financement du grand plan d’investissement nécessaire à la Tunisie par le Qatar. », cite l’article. Ceci s’explique par le rapprochement et l’alliance entre le Qatar et la Turquie.

Le rapport estime qu’en cas de « défaillance » des européens, la Tunisie se tournera rapidement vers la Turquie et le Qatar. Les deux pays pourront, ainsi, agrandir leur part du marché tunisien.

Enfin, l’institut a affirmé que l’intérêt russe et américain envers la Tunisie résulte principalement de celui envers la question libyenne.

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