Ce qui n’est pas géré est subi !

dette

Ce qui n’est pas géré est forcément subi. Cette évidence revêt encore plus de signification et de gravité lorsqu’il s’agit de la chose publique; et notamment des finances publiques. La dette publique est en rapport direct avec la souveraineté de l’État.

Dans des conditions normales les Etats s’endettent pour financer les investissements publics et accélérer par là leur croissance économique. Mais lorsqu’un État s’endette pour financer des dépenses courantes, il commence à compromettre la soutenabilité de sa dette et donc sa souveraineté.

En tout état de cause, l’État doit gérer sa dette pour ne pas la subir. Pour ne pas se retrouver en difficulté. Pour ne pas se retrouver obligé de quémander de l’aide et des crédits. Et pour ne pas se trouver obligé d’engager le pays dans un processus de rééchelonnement de sa dette extérieure, processus pénible et qui touche directement à la dignité et à la souveraineté du pays.

La gestion de la dette implique évidemment une parfaite connaissance de cette dette dans ses moindres détails et caractéristiques. La gestion implique aussi l’élaboration d’une stratégie d’endettement, de projections à court, moyen et long termes. Il faut gérer l’affectation de la dette, savoir dans quelle monnaie, sur quel terme et à quel coût s’endetter. Il faut savoir avec quel type de taux d’intérêt (fixe ou variable) s’endetter. Comment gérer la dette dans le temps, comment passer d’une monnaie à une autre. Il faut suivre la dette sur le marché financier secondaire, etc.

Des objectifs de politique politicienne, sans aucune considération

Depuis 2011 la dette tunisienne, extérieure notamment, a littéralement explosé, mais sans être gérée. Elle a été pour l’essentiel subie. Depuis 2011, et notamment entre 2017 et 2019, les gouvernements se sont endettés de manière excessive pour financer des dépenses populistes. Poursuivant ainsi des objectifs de politique politicienne, sans aucune considération ni respect pour les intérêts du pays.

Le fait est là aujourd’hui, la Tunisie est déjà en situation d’endettement excessif. Sa dette n’est plus soutenable. Les agences de notation ont déjà dégradé la notation souveraine de la Tunisie à huit reprises depuis 2011. Tout cela prouve que la dette tunisienne a été jusque-là subie et non gérée.

Devant cet état de fait, il a été proposé à plusieurs reprises la création d’une agence tunisienne. Tunisienne à cent pour cent et publique à cent pour cent pour justement gérer la dette tunisienne et éviter qu’elle ne soit subie.

Mais de là à demander au Premier Ministre français, lors de sa dernière visite à Tunis, que la France nous assiste à créer une telle agence. En nous apportant son assistance technique, la réponse est NON. La Tunisie possède d’excellentes compétences dans ce domaine. En outre, il s’agit là de secrets d’État. Il n’y a aucune raison au monde de faire participer un état étranger, sous quelque forme que ce soit, à la gestion des affaires de l’État tunisien. Il s’agit de la souveraineté de la Tunisie.

Les Tunisiens n’ont pas encore oublié « la Commission Financière de 1873 » (al comissione al mali) et ses conséquences sur la souveraineté de la Tunisie.

Enfin, notons que la Tunisie a aussi besoin de créer, par ses propres moyens, une agence publique tunisienne. Laquelle se chargerait  de la gestion des participations de l’État dans les entreprises financières et non financières.

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