Impact économique réel de la diaspora sur l’économie tunisienne

Diaspora

Les résultats d’une étude relative à l’évaluation de la contribution réelle de la diaspora au niveau des transferts financiers, des recettes fiscales et douanières, de la consommation et de l’investissement ont été dévoilés aujourd’hui à Tunis.

L’étude vise à quantifier l’impact économique réel des Tunisiens résidents à l’étranger sur l’économie tunisienne. Et à élaborer des recommandations destinées à mieux mobiliser la diaspora et à perfectionner les mécanismes mis à sa disposition.

Etaient présents lors de la présentation des résultats de l’étude, le gouverneur de la BCT Marouene ABASSI, Omar BOUZOUADA directeur général de l’APII ainsi que l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Marcus Cornaro et l’ambassadeur d’Allemagne Peter Prügel

Les conclusions de cette étude ont été formulées sous forme de recommandations stratégiques. Elles serviront à institutionnaliser les indicateurs et à permettre l’évaluation de la contribution de la diaspora à l’économie tunisienne.

Elles définiront ainsi des mesures structurantes susceptibles de développer et d’améliorer ces contributions. Et ce à travers la création de leviers d’engagements et la mise en place d’une stratégie claire dans ce domaine. Tout en redonnant à la diaspora la reconnaissance qu’elle mérite. Et ce, au vu des efforts consentis, ainsi que de ses apports considérables au pays.

Manque de stratégies et mesures structurantes

L’étude a confirmé que, bien que la diaspora tunisienne représente un vivier significatif et majeur dans le développement socio-économique du pays, un manque important de stratégies et mesures structurantes pour le développement de ces contributions reste à déplorer. L’étude relève notamment:

  • Un manque de maturité stratégique autour des néo-enjeux de la diaspora (investissement productif, softpower, philanthropie, tourisme, mobilisation des compétences…).
  • Une difficulté dans l’identification de la Diaspora et dans la complétude des données les concernant.
  • Un manque de coordination entre les différents acteurs institutionnels et privés en lien avec la diaspora.
  • Le désintérêt des TRE par rapport aux préoccupations économiques et aux opportunités d’investissement de la Tunisie.
  • Un manque d’impact des dispositifs et des incitations mis en place.

Stratégie, gouvernance, accompagnement et incitation

Ainsi, les quatre axes majeurs de l’étude englobent la stratégie et le développement visant à structurer la relation entre la Tunisie et sa diaspora.

Mais aussi, la gouvernance, par la mise en place d’un plan répondant aux besoins de la diaspora; et favorisant la proximité de cette dernière avec les institutions tunisiennes.

De même qu’un accompagnement et un soutien qui se traduisent par la mise en œuvre de projets et d’outils d’accompagnement répondant aux besoins et aux challenges de la diaspora.

En plus de l’incitation financière et fiscale qui favorisera les investissements et la consommation de la diaspora autour des secteurs et produits clés.

L’élaboration d’une stratégie relationnelle 

L’étude a permis de mettre en lumière de nombreuses défaillances dans le domaine. Notamment en matière de communication et de mobilisation de la population diasporique à travers le monde.

On note aussi un manque de données structurées, de conscience stratégique des enjeux liés par exemple au soft power ou à la mobilisation des compétences.

Alors, une stratégie claire sera capable de consolider le capital confiance de la Tunisie avec sa diaspora. Et ce, à travers une relation directe, continue et surtout Win/Win.

Optimisation de la gouvernance 

Par ailleurs, une absence de consensus politique et de leadership institutionnel a été décelée autour des actions à mener vis-à-vis de la diaspora. Ajouté à cela, des décalages relationnels et techniques entre les institutions en charge des TRE, de leurs investissements et de leurs apports.

En effet, ce sont des décalages sur lesquels la Tunisie devra travailler en favorisant par exemple la coordination interministérielle sur les sujets stratégiques impliquant la diaspora. Mais aussi en tirant un meilleur profit des associations de la diaspora par une meilleure intégration au sein des institutions (consulats, ambassades) et dispositifs publics. Il faudra également organiser la montée en compétences sur les sujets économiques des institutions en lien avec les TRE.

Accompagnement et appui de l’Etat 

L’étude révèle un important constat sur l’inexistence de programmes et de projets concernant les contraintes techniques des institutions en contact avec la diaspora. Parmi les recommandations proposées, la digitalisation des services destinés à la diaspora tels que les services consulaires avec signature électronique, paiement digital…

Incitation financière et fiscale

Un bilan mitigé quant aux dispositifs dédiés à la promotion des investissements de la diaspora, des lourdeurs législatives décourageant les investissements. D’où l’importance de mettre en place un « diaspora mobilisation act ».

Rappelons que le nombre de Tunisiens à l’étranger est d’environ 1.4 million de personnes réparties sur 90 pays à travers le monde. C’est dire de la force socio-économique que représentent les TRE.

Les TRE en chiffres : 

– Transferts de fonds: 32% des réserves en devise de la Tunisie en 2019; 2% des recettes fiscales collectées par l’état en 2019.
– Dépenses de consommation: 7,3% du Revenu National Disponible Brut de 2018;
– Investissement productif: 1,7% du PIB de 2019 et 10% du FBCF (formation brute du capital fixe de 2018);
– Dépenses moyennes d’un TRE par séjour en Tunisie : 1 508 TND;
– Un TRE transfère 6 866 TND par an en moyenne;
– 50% des TRE possèdent un compte bancaire en devise ou en dinars en Tunisie.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here