Affaire de document fuité : à qui profite le crime ?

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Kaïs Saïed

Le document anonyme relayé par le douteux site londonien Middle East Eye, selon lequel des conseillers du président Kaïs Saïed auraient concocté un plan visant à préparer un coup d’État « légal », s’est révélé n’être qu’une farce de mauvais goût.

 « Le document fuité est un brouillon de mauvaise qualité. Il parle de détails de l’application de l’article 80 de la Constitution. Mais il montre en même temps le niveau limité de ceux qui l’on préparé ».

Ainsi parlait Rachida Ennaifer, l’ancienne conseillère du président de la République. Pour évoquer les fameuses cinq pages relayées par un site douteux sur un prétendu projet d’un coup d’Etat « légal ». Lequel serait ourdi par le président de la République, sur la base de l’article 80 de la Constitution. Un scénario digne d’une triste dictature des années 70 en Amérique du Sud. Sauf qu’il s’agit d’une version new look dont le scénario rocambolesque se trame au palais de Carthage.

Dans ce document, on découvre un président attirant ses invités, en l’occurrence Rached Ghannouchi et Hichem Mechichi. Lesquels sont respectivement président de l’ARP et chef du gouvernement, dans un guet-apens. Où ils seront contraints de ne pas quitter le palais de Carthage. Celui-ci sera bien entendu isolé de tous les moyens de communication.

Ainsi, selon ce document fuité, le président de la République, élu par une écrasante majorité des voix et qui caracole en tête de tous les sondages pour la prochaine présidentielle, fomente un coup d’Etat pour se succéder à lui-même et s’assoir sur le même fauteuil qu’il occupe actuellement au palais de Carthage. Une blague de mauvais goût, mais la rigolade est interdite!

Rafik Abdessalem, Al Karama s’engouffrent dans la brèche

Ceci-dit, cette mauvaise farce a trouvé preneur. Ainsi, le gendre préféré de Rached Ghannouchi, Rafik Abdessalem, la partageait rapidement.

De même, le député islamiste radical d’Al Karama, Seïf Eddine Makhlouf, avocaillon de son état, a déposé une plainte en justice contre la cheffe du cabinet du président de la République, Nadia Akacha. L’accusant, tenez-vous bien, de complot contre l’Etat sur la base des articles 68, 69, 70, 71, 72 et 73 du code pénal et l’article 13 du code du terrorisme.

Pour sa part, son ami Abdellatif Aloui, député d’Al Karama, accuse les Abbou d’en être le rédacteur. Sans oublier le fugitif qui court toujours, Rached Khiari, et qui n’hésite pas à présenter Middle East Eye comme un prestigieux site « londonien ». Comme si être domicilié dans la capitale britannique est un gage de sérieux et d’authenticité. Bien entendu, il a profité de l’occasion pour pointer du doigt les Emirats, ennemis féroces de la confrérie des Frères musulmans, à laquelle M. Khiari fait allégeance.

Le crime profite aux islamistes

Reste la question récurrente : à qui profite le crime ? Aux islamistes bien entendu. Lesquels cherchent par tous les moyens à éclabousser l’honneur d’un homme sur lequel on peut tout dire; sauf qu’il manque d’intégrité et de rectitude morale, jusqu’à la rigidité.

Car, dans leur combat à mort pour fragiliser le locataire du palais de Carthage, tout est permis. Y compris les coups bas en dessous la ceinture et le recours éhonté à l’intox. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Dixit Voltaire.

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