Un coup d’État à Carthage orchestré par l’entourage de Kaïs Saïed? Et quoi d’autres encore?

Kais Saied

Le tristement célèbre site londonien Middle East Eye relaie un « document » non signé. On y apprend que les proches conseillers du président Kaïs Saïed auraient concocté un plan. Et ce, pour préparer un coup d’État visant à instaurer une « dictature constitutionnelle ». Un dossier explosif. Mais pas au sens où l’entendent ses auteurs.

Il n’y a pas de fumée sans feu? C’est d’un revers de main dédaigneux qu’une source proche de la présidence de la République, dont l’identité n’a pas été révélée, balayait hier lundi l’information jugée « sans fondement ». Laquelle a été véhiculée par un site électronique londonien sur un prétendu coup d’Etat perpétré par le président de la République Kaïs Saïed.

Pourtant, en l’absence d’une réaction officielle, le mutisme de la présidence de la République a de quoi alimenter les rumeurs les plus folles et les spéculations les plus farfelues. D’autant plus que cette institution n’a même pas un chargé de communication pour répondre aux journalistes; et dissiper le doute et le flou autour de cette étrange affaire.

Un document « top secret »

De quoi s’agit-il? D’un document de cinq pages en date du 13 mai dernier, classé « top secret ». Il a été publié dimanche 23 mai par le site panarabe Middle East Eye basé à Londres. Lequel évoque un présumé coup d’État orchestré par la présidence de la République tunisienne contre le gouvernement de Hichem Mechichi.

Activation de l’article 80

Ce document qui aurait fuité du bureau de la cheffe du cabinet présidentiel Nadia Akacha, fait état d’un plan de coup d’État. Avec pour objectif d’instaurer une « dictature constitutionnelle ».

« Les proches conseillers du président Kaïs Saïed ont appelé à l’activation de l’article 80 de la Constitution et à la déclaration de l’état d’exception, appelée également dictature constitutionnelle. Et ce, dans le seul but de concentrer tous les pouvoirs entre les seules mains du président de la République », précise ledit document.

« Le problème, [ajoute le document, dont tout porte à croire que c’est un faux concocté par des mains peu innocentes, ndlr] c’est que l’article 80 ne peut être mis en place sans Cour constitutionnelle. Mais des juristes estiment aussi que l’on peut passer outre cette juridiction suprême. Cela a déjà été le cas lors du décès de Béji Caïd Essebsi ».

Que dit cet article? « Qu’en cas de péril imminent menaçant les institutions de la Nation et la sécurité et l’indépendance du pays et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le président de la République peut prendre les mesures nécessitées par cette situation exceptionnelle. Après consultation du chef du gouvernement et du président de l’Assemblée des représentants du peuple. Et après en avoir informé le président de la Cour constitutionnelle ».

Embuscade contre Kaïs Saïed

Toujours selon le document relayé par le site britannique, aux accointances et ramifications idéologiques troubles et douteuses, un scénario aurait été élaboré. Selon lequel une réunion urgente du Conseil de sécurité nationale aurait été programmée. Réunissant des hauts responsables à l’instar de Rached Ghannouchi, président de l’ARP et Hichem Mechichi, appelés à y prendre part.

Ensuite, la réunion serait par la suite levée. Avec l’interdiction de permettre aux participants de quitter le palais de Carthage qui serait isolé de tous les moyens de communication.

Le président prononcerait alors un discours à la télévision nationale en présence de MM. Mechichi et Ghannouchi pour annoncer les nouvelles mesures exceptionnelles. Notamment une déclaration de l’état d’exception, appelée également dictature constitutionnelle.

Simultanément, « le général Khaled al-Yahyawi serait chargé du portefeuille du ministère de l’Intérieur par intérim. Les forces armées seraient déployées aux entrées des villes, des institutions et des installations vitales. Parallèlement, d’autres éminentes personnalités seraient placées en résidence surveillée à l’instar de Noureddine Bhiri, Rafiq Abdel Salam, Abdelkrim Harouni, Sayed Ferjani. De même que des députés de la coalition al-Karama et d’autres élus comme Ghazi Karoui, Sofiane Toubal. Ainsi que des hommes d’affaires », énumère le document.

Qu’il s’agisse d’une énième tentative criminelle pour éclabousser Kaïs Saïed, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et ce, au regard de cette ignoble et médiocre mise en scène. Même en matière de fake news on peut faire mieux. La présidence de la République est-elle obligée de donner sa version face à ce grotesque et non moins coupable mensonge via un communiqué officiel? Pas si sûre. Pour une fois, son mutisme méprisant apporte une cinglante réponse aux manigances de ses adversaires politiques qui veulent saper les fondements de l’État.

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