Ichraf Chebil : une Première dame sobre et discrète

Première dame

Que sait-on de la Première dame de la Tunisie? L’hebdomadaire Jeune Afrique vient de lever un coin du voile sur cette personnalité peu connue dans son propre pays. Il consacre un dossier élogieux à l’épouse du chef de l’Etat. Dans lequel il fait observer que sa discrétion « détonne avec la tradition tunisienne, où les premières dames occupaient une place centrale ».

Wassila Bourguiba se distinguait par sa forte personnalité et sa pesante présence dans les cercles du pouvoir. Au point de devenir à la maladie de son auguste époux la « Présidente-bis », dirigeant in facto le pays. Leïla exerçait une influence toxique sur Zine El Abidine Ben Ali. Au point d’en devenir un repoussoir et un élément déterminant dans sa disgrâce. De l’épouse de Moncef Marzouki, on ne connait ni le visage, ni le prénom. De Madame Béji Caïd Essebsi, qu’on a vue qu’à de rares occasions, on prête une forte influence sur son défunt mari. Mais que savons-nous au juste de la Première dame, la distinguée épouse de l’actuel Président de la République?

Peu de chose, en effet. En septembre 2019, premier tour de la présidentielle, les Tunisiens découvrent pour la première fois celle qui sera bientôt la Première dame du pays. Quand elle vient déposer son bulletin dans un bureau de vote de Tunis aux côtés de son mari, candidat à l’époque à la présidentielle.

Une magistrate de père en fils

Selon sa biographie officielle, Ichraf Chebil Saïed est née à Sfax. Mais sa famille est originaire de Téboulba, une ville côtière dans le gouvernorat de Monastir. Son père Mohamed Chebil a été un juge à la Cour d’appel de Tunis. Son grand-père, Sidi Ali Chebil, est considéré comme un saint dans la région de Téboulba.

Elle effectue ses études à Sousse, d’abord à l’école française de Sousse, puis au lycée Tahar Sfar. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle se spécialise en droit à la Faculté de droit et des sciences politiques de l’université de Sousse. Elle est titulaire d’un Diplôme en études supérieures en sciences criminelles de l’Institut supérieur de la magistrature. Et elle devient, par la suite, conseillère auprès de la Cour d’appel et vice-présidente du Tribunal de première instance de Tunis.

Ichraf Chebil rencontre son futur mari, Kaïs Saïed, son aîné de 15 ans, sur les bancs de la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse. Le couple présidentiel tient à préciser que son union est le fruit d’une histoire d’amour. Le couple a trois enfants: Amrou, Sarah et Mouna.

Retrait volontaire et temporaire de la magistrature

« Sa première apparition officielle en tant que Première dame a lieu le jour de l’accession de son mari à la présidence de la République, lors de la réception au palais présidentiel de Carthage. Elle annonce quelques jours plus tard qu’elle se met, par respect de l’indépendance de la magistrature, en retrait de sa fonction de magistrate, sans salaire mensuel; et ce pour une période de cinq ans, la durée du mandat de son époux ». C’est ce que rappelle le média français.

A noter que la Première dame ne porte pas officiellement ce titre, conformément à une promesse du candidat élu. En effet, Kaïs Saïed, ancien professeur de droit public de son état, estime que le statut de « Première dame » n’a pas d’existence légale. Puisqu’il ne figure pas dans la loi fondamentale tunisienne. « Toutes les Tunisiennes sont des premières dames », déclarait-il pendant sa campagne électorale.

Ainsi, notre confrère Jeune Afrique publiait mercredi dernier une série d’enquêtes sur les « Premières dames du monde arabe ». Dans un article intitulé « Ichraf Chebil Saïed, la très discrète épouse du chef de l’Etat », il la dépeignait. En la qualifiant de « discrétion absolue. Une position qui détonne avec celle des épouses des précédents chefs de l’État tunisien ».

« Elle a éclipsé son mari »

L’hebdomadaire parisien rappelle que la première apparition postélectorale de la magistrate a lieu le jour même de l’accession de son mari à la présidence; et ce; lors de la réception au palais de Carthage.

« Le 13 août 2020, à l’occasion de la Fête nationale de la Femme, sa présence, remarquée, a quelque peu éclipsé le discours de son époux contre l’égalité successorale. L’attention du public étant essentiellement accaparée par sa tenue et son maintien… Depuis, Ichraf Chebil Saïed n’a fait que de très rares apparitions dans les médias et n’intervient dans aucun domaine de l’activité de son président de mari », écrit la correspondante de Jeune Afrique à Tunis.

Et d’ajouter: « Cette discrétion, pour ne pas dire cette absence, détonne avec la tradition tunisienne. Où les premières dames occupaient une place centrale ».

Alors, exerce-t-elle une certaine influence sur son mari? L’Histoire nous a appris, à titre d’exemple, que Tante Yvonne comme l’appelaient affectueusement ses compatriotes, pesait de tout son poids sur les décisions historiques de l’homme du 18 juin. Mais dans l’ombre.

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