Solidar Tunisie : l’instabilité politique facteur majeur de la marginalisation

Solidar

Solidar Tunisie, en partenariat avec Nomad 08, l’association Nakhla et l’association Mawtini Bayti dans le cadre du collectif « Pour une gouvernance juste et citoyenne des ressources naturelles », avec l’appui de POMED, a réalisé une étude sur les disparités régionales de développement. L’étude a porté sur les gouvernorats de Kébili et de Jendouba.

Selon l’étude présentée par Solidar Tunisie, malgré tous les efforts déployés, les disparités régionales et les inégalités sociales se sont aggravées. « Ceci a créé une rupture entre les territoires du littoral et les territoires de la périphérie et entre les villes et les campagnes. » C’est ce qu’on peut lire dans le rapport.

Le rapport a également estimé que ces disparités se sont amplifiées avec la fragilité de la situation économique, les conflits sociaux et l’instabilité politique. Causant ainsi la marginalisation et l’exclusion d’une grande partie du territoire de la croissance nationale.

L’indicateur du Développement Régional (IDR)

L’étude, en posant un diagnostic, s’est basée sur l’Indicateur du Développement Régional (IDR).

A noter que l’IDR se compose de quatre éléments. Premièrement, la dimension des commodités de la vie. Deuxièmement, le capital humain. Troisièmement, l’aspect sociodémographique. Quatrièmement, l’emploi et le marché du travail.

Ainsi, le rapport a affirmé que 11 Gouvernorats ont un IDR supérieur à une valeur moyenne égale à 0,486. Néanmoins, 13 gouvernorats ont une valeur inférieure à cette moyenne.

Par ailleurs, les Gouvernorat de Tunis (dont l’IDR est de 0,593), de l’Ariana (avec un IDR de 0,580) et de Ben Arous ( atteignant un IDR à 0,577) sont en tête du classement des régions en termes de développement économique et social. En revanche, les gouvernorats de Kasserine, de Kairouan et de Jendouba se retrouvent en bas du classement. Ils ont respectivement obtenu un IDF de 0,388, 0,398 et de 0,409. Kébili, quant à elle, se situe dans la tranche des gouvernorats ayant un IDR entre 0,446 et 0,489. On remarquera qu’elle n’atteint pas la moyenne susmentionnée.

L’Indice d’Attractivité Régionale/Indice du Climat d’Affaires Local

Le rapport élaboré par Solidar Tunisie a repris le bilan posé par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE). En effet, ce dernier a étudié l’Indice d’Attractivité Régionale appelé aussi Indice du Climat d’Affaires Local (ICAL). Cet indice représente un outil de performance qui permet d’influencer les décisions de localisation des activités économiques et industrielles.

Rappelons que le rapport de 2018 souligne les disparités régionales en matière de performance locale et d’attractivité aux investissements. Il montre que 11 gouvernorats ont des valeurs supérieures à la moyenne. Par contre, les 13 autres gouvernorats se retrouvent en dessous de celle-ci.

Ainsi, sur les 24 gouvernorats existants, Tunis, Sfax et Sousse occupent les trois premières places du classement. De l’autre côté, le gouvernorat de Kébili occupe la dernière place du classement; enregistrant le taux le plus faible et un score de l’ordre de 1,70 /10. Le gouvernorat de Jendouba occupe le 16ème rang avec un score de 2,72/10. A noter que la moyenne de cet indice en Tunisie représente une note de 3,33/10.

L’Indice de Pauvreté

Cet indice, selon le rapport de Solidar Tunisie, permet d’estimer la pauvreté et les inégalités liées à la consommation entre les différentes régions de la Tunisie.

« L’analyse de cet indice confirme le constat des disparités croissantes qui résultent des différentes politiques de développement entreprises par la Tunisie. » C’est ce qu’affirme le rapport. Il atteint un taux de 21,5% à Jendouba, ce qui le classe comme l’un des plus pauvres gouvernorats. Pour ce qui est du gouvernorat de Kébili, l’indice atteint 19,2%. A titre comparatif, l’indice de pauvreté dans les gouvernorats de Tunis, Ariana et Ben Arous atteint respectivement 4,6%, 7% et 5,6%.

Les recommandations de Solidar Tunisie

L’étude, suite au diagnostic posé, a proposé un ensemble de recommandations.

En effet, le rapport suggère la révision du modèle de développement local et régional. Ce dernier, selon la même source, « doit privilégier désormais les approches participatives et concertées, l’encouragement du partenariat public/privé, la valorisation des ressources naturelles et des potentialités territoriales, mais aussi les compétences humaines et les ressources spécifiques ».

Ainsi, le plan quinquennal de développement doit permettre une exploitation optimisée de chaque gouvernorat. Le plan doit se reposer sur l’étude des spécificités de chaque région. Ceci permettrait d’améliorer la compétitivité des régions et de les rendre plus attractives.

Le rapport a également mentionné le renforcement de l’attractivité territoriale par le renforcement des investissements publics régionaux. Ces derniers doivent s’adapter aux besoins réels de la population régionale.

Enfin, l’étude a aussi estimé que le plan de développement devrait se focaliser sur l’amélioration de la qualité du capital humain en tenant compte du changement climatique.

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