Affaire du riz cancérigène : le scandale de trop

riz cancérigène

L’importation récente de 1 200 tonnes de riz cancérigène du Pakistan révèle un dysfonctionnement manifeste au sein de l’OCT. En effet, cet organisme public est en charge de l’importation de produits alimentaires de grande consommation. Et par conséquent responsable de la santé des consommateurs.

C’est écrit dans le ciel qu’on se réveille presque chaque matin avec un nouveau scandale. Sauf qu’il s’agit cette fois d’un éventuel dossier de corruption qui touche directement la santé des Tunisiens. Il s’agit de l’importation de riz cancérigène.

Ainsi, une série de scandales a secoué notre pays, dont le dernier en date concerne la sale affaire des déchets importés d’Italie. En passant par les dossiers des semences avariées et du sorgho avarié. Et voila que nous découvrons avec effroi que la Tunisie a reçu 1200 tonnes de riz cancérigène du Pakistan. Et ce, sur deux lots, le 1er et le 25 janvier dernier.

Du riz cancérigène infecté par l’Aflatoxine

Ainsi, lors d’une opération de contrôle de routine, l’Aflatoxine, une substance cancérigène était détectée en quantité supérieure aux seuils réglementaires.

A savoir que cette substance incriminée contient des toxines produites par des moisissures cancérigènes et génotoxiques. Donc capables de s’exercer sur le matériel génétique des cellules (ADN). Et pouvant conduire à des mutations, notamment sur des enfants.

Aussitôt mis au courant de la gravité de cette affaire, le président de l’ARP, Rached Ghannouchi alertait le chef du gouvernement Hichem Mechichi pour solliciter l’ouverture d’une enquête. Et surtout, afin de prendre les mesures nécessaires pour empêcher que le riz cancérigène n’envahisse le marché.

1.5 MD partis en fumée

Interpelé sur cette nouvelle affaire, Elyes Ben Ameur, le PDG de l’Office du commerce de Tunisie (OCT), l’entreprise publique en charge de l’importation de produits alimentaires de grande consommation, a fait savoir que l’affaire concerne une cargaison de 800 tonnes de riz blanc importées. Sachant que près de la moitié est contaminée par l’aflatoxine et est stockée à part, dans les entrepôts de l’OCT. Tandis qu’une autre cargaison de 600 tonnes est en cours de vérification. Ces deux cargaisons ont été importées pour un montant total de 1,5 million de dinars.

Toujours selon la même source contactée par l’agence TAP, l’Office du commerce a demandé au fournisseur de venir en Tunisie, pour discuter des points de litige. « L’objectif étant de régler ce problème à l’amiable; à travers la récupération du montant payé pour l’importation de ce produit ». Alors, à qui la faute?

Selon M. Ben Amor, l’opération de contrôle du riz importé a été effectuée par une société de contrôle reconnue « à l’échelle internationale ». Laquelle a présenté « des certificats d’analyses stipulant la validité du produit ».

Mais, l’Office a quand même procédé, « par souci de protection de la santé du consommateur, à un  autocontrôle de la marchandise, dès son arrivée au port. Et c’est là qu’il a découvert le pot aux roses. Selon les dires du PDG de l’OCT.

Et de souligner que les analyses effectuées, par un laboratoire tunisien accrédité, montrent la non-conformité de certaines quantités de riz. Lesquelles contiennent des taux élevés d’aflatoxine. Fort heureusement, le riz contaminé en question n’a pas été commercialisé sur le marché local.

Soupçons de corruption

Criant à une affaire de corruption, le président de la commission parlementaire de l’agriculture, Moez Belhaj Rhouma a précisé que la Commission était intervenue, in extremis, pour suspendre la commercialisation des quantités du riz en question. Tout en révélant leur contamination par l’aflatoxine.

Moez Belhaj Rhouma a par ailleurs appelé le Ministère public à ouvrir une enquête sur les dépassements au sein de l’Office. En dénonçant le fait que le PDG de l’Office du Commerce de la Tunisie n’a pas encore été démis de ses fonctions, suite à un tel scandale.

« L’OCT achète des denrées à des prix plus élevés que les prix d’importation. Le prix d’importation d’une tonne de sucre, par exemple, s’élève à 1360 dinars; alors qu’elle est achetée par l’office au prix de 1600 dinars ». C’est ce qu’il a précisé lors de l’émission Yaoum Said sur les ondes de la Radio nationale, jeudi 4 février 2021.

Il convient de rappeler que le PDG de l’Office du commerce était invité, hier soir, par Imène Baccari, l’animatrice de l’émission Rendez-vous 9. Et ce, pour lui permettre de présenter sa version des faits. Mais, il a décliné l’invitation et délégué son directeur du Contrôle de qualité. Lequel, dans un torrent de bavardage n’a pas éclairé nos lanternes sur cette sombre affaire. Donnant même la pénible impression qu’il y a anguille sous roche.

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