Limogeage d’Olfa Hamdi : c’est dans l’ère du temps

Olfa Hamdi

Le départ de la PDG de Tunisair, Olfa Hamdi, une cinquantaine de jours après sa nomination, n’a vraiment rien de bien particulier. Ce départ n’est-il pas symptomatique de la situation que vivent nos institutions marquées par l’instabilité? Des institutions dont les dirigeants se querellent, de plus, souvent. Impossible de croire qu’il ne puisse y avoir là les traces d’interférences et d’influences réciproques!

Le limogeage d’Olfa Hamdi, PDG de Tunisair, n’est pas un événement anodin; mais sur lequel on se doit de s’arrêter. Tant il est sans le moindre doute symptomatique des évolutions que connaît notre pays. Car, on ne peut pas croire que le contexte dans lequel ce limogeage s’est fait n’est pas quelque part le reflet du vécu de tout le pays. Les spécialistes des sciences sociales ont toujours mis en évidence, en pareils cas, les interférences et des influences réciproques. Les faits et gestes des dirigeants provoquent des « clonages » qui ont la peau dure.

Il faut reconnaitre que les disputes et querelles que l’on observe sur la scène publique et la divulgation de documents qui se doivent de rester dans les arcanes du pouvoir, ne peuvent que susciter, ici et là, des envies de faire pareil. Une sorte d’atavisme.

Trop, c’est trop semble avoir donc pensé cependant le ministère des Transports et de la Logistique. Puisqu’il a décidé de limoger un responsable qui n’aura occupé sa fonction que pendant quelque cinquante jours. Une exception? Pas aussi exceptionnel que cela ce limogeage. L’instabilité au niveau des fonctions est un fait marquant de la scène publique. La preuve? Le gouvernement Mechichi constitué en septembre 2020 a vu, en février 2021, le départ de pas moins d’une dizaine de ses ministres. Peut-on imaginer qu’avec cette instabilité, un responsable puisse entreprendre quelque chose de bon?

A peine a-t-il compris les tenants et les aboutissants, et avant qu’il ne passe à l’essentiel, le voilà dehors. Et ce n’est pas défendre Olfa Hamdi que de le dire. Mais, il s’agit là d’une réalité.

Dans un pays qui a vu entre 2011 et 2021 la nomination de pas moins de neuf chefs de gouvernement. Impossible n’est pas tunisien: Mohamed Ghannouchi, Mohamed Béji Caïd Essebsi, Hamadi Jebali, Ali Laârayedh, Mehdi Jomma, Habib Essid, Youssef Chahed, Elyès Fakhfakh et Hichem Mechichi.

Raviver les querelles

Une valse des maroquins qui rend le pays ingouvernable. Plus grave sans doute aussi les faits et gestes des dirigeants qui n’oublient jamais de laver leur linge sale en public. En s’autorisant souvent à mettre le couteau dans la plaie. Ravivant des querelles sur lesquelles il n’était aucunement utile de revenir.

Rendant, par conséquence, la chance de résoudre ces querelles quasi nulle. Empoisonnant même le débat à leur sujet. N’hésitant pas à poursuivre les querelles sur le terrain des réseaux sociaux. A visage couvert en publiant des vidéos et autres documents. A visage découvert aussi en alimentant jusqu’à de fausses nouvelles et des attaques en trombe.

Le ministère des Transports a évidemment raison en évoquant concernant le limogeage d’Olfa Hamdi la question d’ « obligation de réserve » à laquelle un commis de l’Etat se doit d’être attaché. Un commis de l’Etat qui se doit, même si cela ne plait pas à tout le monde, d’arrondir les angles et d’éviter de faire des vagues.

Les Américains ont inventé pour cela une expression bien connue: « Le politiquement correct ». C’est-à-dire user d’expressions « qui consistent à policer excessivement et à modifier des formulations ». On prête à l’écrivain français Honoré de Balzac cette expression qui peut paraître ne pas coller à notre propos. Mais qu’il est bien utile d’évoquer: « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. »

Nous y sommes malheureusement bien loin!

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