Tentative d’empoisonnement du Président : trop de zones d’ombre

empoisonnement

Quel crédit accorder à la version officielle relative à la tentative d’empoisonnement du président de la République? D’autant plus qu’il y a trop de zones d’ombre qui planent sur cette mystérieuse affaire.

Tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat passible de peine de mort? Simple opération de diversion après le camouflet essuyé à l’ARP? Ou « coup de com », selon l’expression du dirigeant nahdhaoui, Said Ferjani?

Ambigüité et mystère

Après deux jours de spéculations les plus folles et alors que les chancelleries du monde entier s’interrogeaient sur la véracité et la nature de cette affaire, la présidence de la République, aux abonnés absents, daignait enfin sortir de son silence assourdissant pour donner sa version officielle. Laquelle ne fait qu’ajouter de l’ambigüité au mystère!

Mais résumons d’abord les faits présentés par la version officielle. En date du 25 janvier en cours, la Présidence de la République reçoit un courrier anonyme et vide de contenu. Lequel tombe entre les mains de la cheffe du cabinet présidentiel, Nadia Akacha.

A l’ouverture de l’enveloppe en question, elle est prise d’une forte migraine, s’évanouit et perd quasiment la vue. Un agent du secrétariat du cabinet à ses côtes présente les mêmes symptômes, mais plus légers. Les deux sont transférés d’urgence à l’hôpital militaire.

Ensuite, le courrier suspect est placé dans le broyeur de papier puis envoyé au ministère de l’Intérieur pour analyse.

Enfin, la  présidence de la République indique qu’elle n’a pas communiqué le jour même autour de l’affaire; et ce, afin d’éviter toute « confusion ». Mais que comme les réseaux sociaux reprenaient l’information, il était nécessaire d’apporter toutes les explications.

Invraisemblable

Avouons quand même que cet étrange récit rocambolesque est une insulte à notre intelligence.

Car, comment expliquer qu’un courrier adressé au président de la République en personne atterrisse directement entre les mains de la ministre directrice du cabinet présidentiel; et ce, sans passer auparavant par le service de sécurité? Alors qu’il est chargé de trier, d’examiner et de passer au scanner cette missive visiblement suspecte.

Et que dire de la mise de cette enveloppe à la déchiqueteuse après que Mme Akacha fut prise de malaise à son ouverture? Donnant ainsi l’impression que l’on cherchait à faire disparaitre une pièce à conviction? Etrange.

Soupçons de supercherie

Et c’est donc évident que le communiqué de la présidence de la République ouvre la voie aux détracteurs du chef de l’Etat. Et ce, pour mettre en doute la version officielle, criant même à la supercherie.

D’ailleurs, le député et dirigeant au mouvement Ennahda, Saïd Ferjani s’écriait: « Les informations portant sur une tentative d’empoisonnement du président de la République relèvent d’un coup de communication ». Tout en ajoutant que cette histoire vise « à briser la vague croissante de mécontentement envers Saïed ». Et déplorant à l’occasion la diffusion d’une telle information sur les réseaux sociaux. « Alors que cela relève principalement de la compétence de la sécurité présidentielle et des autorités médicales officielles ».

Idem pour Imed Dghij, Seifeddine Makhlouf et Rafik Abdessalem qui se sont exprimés. Ils assurent que cette affaire n’est qu’une histoire « inventée de toutes pièces » par la cheffe de cabinet du président de la République Nadia Akacha. Afin de redorer le blason du président de la République, après le camouflet subi à l’ARP. Et ce, suite au vote de confiance des ministres proposés par Mechichi contre sa volonté.

D’ailleurs, seuls les résultats des analyses du contenu du courrier suspect sont susceptibles d’éclaircir le mystère. S’agirait-il de la ricine, un poison extrêmement toxique? Lequel était évoqué en 2013, alors que plusieurs lettres contenant cette substance sous forme de poudre avaient été envoyées à l’ex-président américain Barack Obama?

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