Kerim Bouzouita : « Les sondages ne votent pas »

Kerim Bouzouita
Kerim Bouzouita

De sondage en sondage, on se demande aujourd’hui à quoi il faut s’attendre. Le sentiment des Tunisiens est mitigé, car peut-on faire confiance à ces sondages? Kerim Bouzouita, anthropologue, a dressé un état des lieux dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com.

Ainsi, Kerim Bouzouita souligne qu’il faut lire ces sondages avec beaucoup de précautions. En effet, ils ne sont pas un instrument qui prédit l’avenir. D’ailleurs, depuis les années 1970, la sociologie a démontré que les sondages sont avant tout des outils de communication politique.

Des sondages de popularité et non des intentions de vote

Avant de poursuivre: « La logique montre que ce sont des sondages de popularité et non des intentions de vote; alors que l’échéance électorale est encore loin. Ce qui est moins significatif. Toutefois, même si le sondage a été réalisé une semaine avant le jour du vote, cela ne veut pas dire que les résultats seront les mêmes. »  

Puis, il ajoute: « Le sociologue français Pierre Bourdieu définit le taux d’abstention ou bien le taux de personnes qui n’ont pas d’opinion de faramineux. D’ailleurs, sept personnes sur dix ne se prononcent pas sur leur intention de vote. Cela prouve que les personnes interviewées considèrent que cela est insignifiant vis-à-vis de la scène politique. »

Par conséquent, concernant la question des intentions de vote, Kerim Bouzouita considère qu’évoquer les intentions de vote quatre ans avant l’échéance électorale est absurde. Il précise dans ce contexte: « Les opinions peuvent changer même deux ou trois semaines avant le vote. Les sondages de popularité ou de côte de confiance seraient plus sensés dans la séquence politique actuelle. Cependant, l’information la plus utile, c’est le taux très élevé des gens qui n’expriment pas de choix (68%). « 

La majorité des citoyens n’adhère pas à l’offre politique

Et de conclure: « Cette information nous apprend que la très grande majorité des citoyens n’adhère pas à l’offre politique qui domine l’espace public. Avec à peine plus du quart des répondants qui expriment un avis, il est tout à fait logique que les chiffres révèlent les opinions des citoyens dont les opinions sont les plus radicalisées; en somme les gens qui ont « des certitudes politiques ». Une grande partie de ces électeurs « ultras » est influencée par la bataille de positionnement entre Karama et le Parti Destourien Libre qui occupe la plus grande partie de l’espace politique depuis les élections de 2019. Mais tout cela risque d’évoluer, à quatre ans des échéances électorales. N’oublions pas que les sondages ne votent pas, mais que ce sont les citoyens qui le font. »

 

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