La pêche à la charfiya aux îles Kerkennah inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

marins-pêcheurs

La 15ème session du Comité intergouvernementale de sauvegarde du patrimoine immatériel relevant de l’UNESCO a décidé d’inscrire, sur la liste représentative du patrimoine culturel de l’humanité, la pêche à la charfiya aux îles Kerkennah (Sfax).

Le Comité a estimé que, d’après les informations contenues dans le dossier, la candidature satisfait aux critères d’inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La pêche à la charfiya aux îles Kerkennah est une technique de pêche traditionnelle. Elle exploite passivement les conditions hydrographiques, le relief marin et les ressources naturelles sur mer comme sur terre.

La charfiya est une pêcherie fixe. Elle circonscrit, grâce à des murs de palmes fichées dans le fond marin, un champ triangulaire. Les poissons, entrainés par la marée descendante, s’engouffrent dans des chambres de capture puis dans des filets ou des nasses. Ils ne peuvent plus en ressortir contrairement à ceux pêchés à l’aide de chaluts qui raclent les fonds marins, les poissons restent vivants et à jeun dans les nasses jusqu’au moment de la levée.

Selon la coutume, la charfiya est installée et utilisée entre l’équinoxe d’automne et le mois de juin pour permettre à la faune marine de se régénérer.

Chaque année, la reconstruction de ce dispositif est associée à des pratiques sociales, comme le partage d’un repas ou des prières. La pratique de la pêche à la charfiya suppose une excellente connaissance de la topographie sous-marine et des courants marins.

La plupart des habitants des Kerkennah apprennent à pêcher dès leur plus jeune âge. Il est aussi courant qu’un râїs transmette la pêcherie à son fils aîné pour que la famille en reste propriétaire. Des centres de formation professionnelle assurent aussi un apprentissage indirect.

La charfiya est la principale technique de pêche utilisée dans les îles Kerkennah. Toute la communauté participe. Et ce à divers degrés, aux différentes étapes du processus, de l’installation – avec les rituels qui l’accompagnent – à la levée des nasses. C’est donc un facteur d’unité pour les habitants de l’archipel.

 

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