Drame de Jendouba : sous d’autres cieux, un ministre aurait sauté pour moins que cela

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Suite au décès dramatique d’un jeune médecin d’une chute de l’ascenseur de l’hôpital de Jendouba, les autorités ont pris des mesures urgentes. Mais trop peu, trop tard.

Aura-t-il fallu le décès tragique d’un jeune résident en chirurgie à l’hôpital de Jendouba, fauché à la fleur de l’âge, pour prendre conscience du délabrement total de l’infrastructure hospitalière dans le pays? Et par ricochet, de l’ensemble de notre système de santé digne d’un pays du quart-monde?

Cauchemar

Car nous venons à peine de pleurer la mort de la jeune Maryem Dhibi, 20 ans, engloutie dans une bouche d’égout à Ennfidha; ainsi que la fillette Rahma, morte dans les mêmes conditions atroces à Bhar Lazreg. Et voila que la Tunisie entière se réveille avec le cauchemar de l’accident d’un jeune médecin tombé du 5ème étage d’un ascenseur que tout le monde savait défectueux.

L’hôpital-cimetière

« Une onde de choc qui a poussé le chef du gouvernement à qualifier nos hôpitaux de cimetière et pour les médecins et pour les citoyens ». Et ce, lors de ses condoléances présentées à la famille de Badreddine Alaoui, fils unique!

Pour rappel, ce terrible drame est survenu dans la soirée de jeudi 3 décembre. Le jeune médecin, âgé de 26 ans, a succombé à ses blessures suite à une chute de l’ascenseur de l’hôpital. Sachant que la cage de l’ascenseur était vide en raison d’une panne, au moment où il s’y était glissé par inadvertance.

Or, comble d’horreur, les cadres du ministère étaient au courant du danger que représentait ce maudit ascenseur.

Le ministre était au courant!

Ironie de l’histoire, le ministre de la Santé Faouzi Mehdi, avait constaté de visu, lors de sa visite le 3 octobre dernier mois l’état de délabrement de l’hôpital de Jendouba. Pis encore, il était au courant que le personnel soignant et même les malades continuaient à emprunter l’ascenseur souvent en panne, avec un mépris total des conditions de sécurité. Et pourtant, il a laissé faire. Ce qui a abouti à la mort de ce jeune médecin.

Délit de non-assistance à personne en danger? Aura-t-il fallu ce drame pour que les responsables de la Santé se résignent à prendre le taureau par les cornes?

Ainsi, après la mise en cause du pauvre responsable de la maintenance sacrifié en bouc émissaire pour calmer les esprits, le ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, a décidé, samedi, de licencier un nombre de responsables dans les services centraux et au niveau du gouvernorat de Jendouba. A l’instar du directeur général des structures de santé publiques, tout comme le directeur général du Centre d’Etudes Techniques et de Maintenance Biomédicale et Hospitalière.

Autre décision: charger l’Armée nationale d’une mission d’inspection de sécurité et d’audit pour l’ensemble des établissements hospitaliers. Ainsi que doubler l’enveloppe initialement allouée à la maintenance dans le budget 2021 du ministère de la Santé.

Pauvre de nous. Comme le dirait le délicieux dicton tunisien: « Une fois délesté de tous ses biens, il se résigne à acquérir un fusil » !

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