BTP – Environnement : « Les études d’impact ne sont pas à la hauteur de la qualité et du contrôle requis »

Environnement BTP études

Les activités de construction et des travaux publics ont un impact direct et indirect sur la biodiversité. Elles contribuent fortement à la modification des espaces naturels. Et ce à cause de l’urbanisation, l’artificialisation des sols, la fragmentation des milieux et les pollutions diverses occasionnées au sol, à l’eau et à l’air.

A cet effet, les études d’impact sur l’environnement (EIE) sont nécessaires pour évaluer les incidences environnementales découlant des projets d’infrastructure. Et ce dans le cadre d’une approche proactive et préventive en matière de gestion et de protection environnementales.

Toutefois, « en Tunisie, la plupart de ces études exigées, souvent, par les bailleurs de fonds et par les cahiers des charges relatifs aux projets de construction et d’infrastructures, sont faites négligemment. Elles ne font pas l’objet du contrôle et du suivi nécessaires », a souligné Noureddine Selmi, Conseiller auprès de l’ONU et ancien ministre de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire.

Noureddine Selmi, également universitaire et chercheur, a reconnu cette défaillance des EIE. Et ce lors d’un webinaire consacré jeudi 3 décembre, au lancement officiel du projet « Initiative d’engagement pour la biodiversité – BIODEV2030 Tunisie« . Ce projet financé par l’Agence française de développement (AFD) et mis en œuvre par le WWF Afrique du Nord (Bureau de Tunis) en collaboration avec Expertise France pour identifier des secteurs stratégiques ayant un impact sur la biodiversité.

Garantir le contrôle et le suivi nécessaires

En dépit de sa contribution au PIB de plus de 7%, le secteur du bâtiment/travaux publics, est le secteur le plus nocif à la biodiversité. « En Tunisie, ce domaine compte 5500 entreprises. Il revêt une importance stratégique pour l’économie du pays et pour l’emploi. Mais il faut reconnaître que les études d’impact sur l’environnement réalisées en la matière sont, dans la plupart des cas, faites d’une manière inappropriée. Elles ne sont pas à la hauteur de la qualité et du contrôle requis ». A déclaré Selmi, lors de ce webinaire.

Selon l’ancien ministre de l’Equipement, les autorités chargées de valider ces études, nécessaires pour tout permis de construction et pour avoir des autorisations pour les projets d’infrastructures, doivent faire preuve de fermeté et de rigueur pour « couper avec certaines pratiques d’aménagement du territoire ».

Il a souligné la nécessité de garantir le contrôle et le suivi nécessaires. Et ce en vue d’endiguer tout risque sur la biodiversité et le milieu naturel. Présenter une étude de plus de 200 ou 300 pages pour les projets routiers et d’infrastructures, « n’est aucunement suffisant ». Selon ses propos.

« Il faut que tout le monde adhère. 18 départements ministériels sont concernés par la biodiversité. Le gouvernement doit prendre des engagements pour gagner la bataille de la protection de la biodiversité avec le concours des géologues, des urbanistes. Ainsi que des acteurs de la recherche scientifique au sein du ministère de l’Enseignement Supérieur ». A-t-il encore dit.

Comment préserver la biodiversité dans le secteur du bâtiment ?

Les intervenants au webinaire sur l’initiative « Biodev 2030 » ont souligné la nécessité d’adopter une approche sectorielle. Une approche conciliant croissance et protection de la nature.

Ainsi, il est préconisé de penser à préserver la biodiversité dans chaque étape d’un aménagement, d’une construction ou d’une rénovation. Et ce avec des solutions adaptées aux spécificités de chaque projet.

En effet, les solutions sont diverses. Elles devraient être identifiées au cas par cas. Et ce selon le contexte et en concertation avec les différents acteurs de chaque projet.

Ainsi, des diagnostics écologiques sont indispensables pour bien connaître les caractéristiques des sites des projets. Et par la suite intégrer ces projets dans leur environnement.

Selon le 5ème rapport sur la biodiversité, réalisé en 2014, sous l’égide de la PNUD, « bien que de dimension relativement faible, la Tunisie est un pays assez riche en diversité biologique ». Elle compte plus de 2200 espèces végétales, environ 550 espèces animales et 670 d’invertébrés.

Avec TAP

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