TICAD 8 : vers l’amélioration de l’enveloppe de 20 milliards de dollars levée lors de la TICAD 7

TICAD

« Nous espérons que l’enveloppe de 20 milliards de dollars (54,4 Milliards de dinars), levée sur trois ans, lors de la 7ème édition du Sommet de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique « TICAD 7 », par le secteur privé japonais au profit de l’Afrique s’améliorera, au cours de la prochaine édition « TICAD 8 », qui se tiendra en Tunisie en 2022 », a indiqué le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Japonaise ( CCITJ), Hédi Ben Abbès, souhaitant également que la part de la Tunisie sera plus concrète et plus importante.

Intervenant lors d’une conférence organisée, vendredi à Tunis, sur le thème « Tunisie, pays hôte de la 8ème édition de la TICAD en 2022 : perspectives et développement », ( TICAD 8)  Ben Abbès a souligné l’importance pour la Tunisie, pays hôte de cet événement « historique », de saisir cette occasion pour faire valoir ses avantages comparatifs (son savoir-faire, ses ressources humaines, sa position stratégique…)

« La Tunisie doit être la véritable porte d’entrée de ce continent, ayant un énorme potentiel en termes d’investissement et de développement et le pays est appelé à profiter de cette opportunité pour assurer sa relance économique, en attirant des projets japonais qui sont en harmonie avec le plan économique japonais et répondent aux intérêts de l’économie tunisienne », a-t-il souligné .

« Pour ce faire, nous comptons sur le secteur privé tunisien, pour croire en ce continent et y investir de manière originale et inventive, à travers une véritable stratégie de développement africain », a -t-il préconisé.

« Le rôle du secteur privé japonais sera primordial dans cette stratégie, laquelle reposera sur l’identification des secteurs à forte valeur ajoutée et la mise en place d’un plan d’action sectoriel en étroite collaboration avec les partenaires japonais. Toutefois, en absence de stratégies préalables décidées par les hauts responsables du pays, les fruits de toutes ces initiatives privées seront limitées, d’autant plus que plusieurs autres pays sont concurrents et ont pris de l’avance par rapport à la Tunisie ».

« La TICAD n’est pas un sommet bilatéral Tunisie- Japon, ni même une triangulation Tunisie-japon et le reste de l’Afrique, mais d’un forum Japon-Afrique, que la Tunisie abrite et où le secteur privé est placé avec ses capacités opérationnelles au cœur de cet événement », a précisé le responsable.

« La chambre souhaite travailler avec les opérateurs économiques tunisiens de manière professionnelle pour optimiser et tirer le meilleur profit de cet événement sur la base de leurs idées et propositions, d’autant plus que la TICAD 8 représente une occasion unique pour les investisseurs tunisiens afin de démontrer qu’ils sont capables d’oeuvrer dans l’intérêt de toutes les parties prenantes ».

La TICAD est un levier pour accélérer les échanges commerciaux avec le continent africain, soit un marché de 1,3 milliards de consommateurs. Il s’agit d’un marché dynamique dans lequel la Tunisie détient une faible part de marché de 0,3%, a-t-il fait savoir. Présentant la feuille de route de la TICAD 8 (2021-2022), il a précisé que celle-ci a été élaborée par la CCITJ. Elle concerne l’identification des secteurs dans lesquels la Tunisie a des avantages comparatifs, l’élaboration des listes sectorielles, l’organisation de journées d’étude par secteur, l’édition d’un annuaire électronique des opérateurs tunisiens et la mise en relation des opérateurs tunisiens et japonais.

Ben Abbès a affirmé que la Chambre a contacté les grandes entreprises japonaises qui sont disposées à investir en Afrique, soit à travers des joint ventures ou par le PPP, assurant que les japonais sont intéressés par les secteurs des énergies renouvelables, des TIC, de l’infrastructure, de l’agrobusiness et de l’environnement.

Ainsi, au cours du premier trimestre 2021, la CCITJ va faire le diagnostic et établir la base des données sectorielles. Cette étape sera suivie par l’organisation de séminaires (au cours des 2ème et 3ème trimestre 2021) dans les domaines des TIC, bâtiment et travaux publics, agrobusiness, healthcare business, formation professionnelle et énergies renouvelables.
Au début de l’année 2022, la chambre planifiera des contacts et discussions préliminaires entre les opérateurs économiques japonais et leurs homologues tunisiens pour se préparer à la tenue effective de la TICAD 8, au 2ème semestre 2022.

Pour sa part, l’ambassadeur du Japon à Tunis, Shinsuke Shimizu a précisé que le secteur de la santé figurera parmi les principaux thèmes de la TICAD 8, vu l’ampleur de l’impact de la pandémie COVID 19, en plus de celui de l’économie digitale et l’innovation. Et d’ajouter que la Tunisie, en accueillant la TICAD 8 en 2022, aura l’occasion d’être la porte d’entrée pour tisser des partenariats stratégiques en reliant le Japon au continent africain, d’autant plus que le secteur privé japonais cherche de nouveaux marchés en Afrique.

Shimizu a fait savoir que le ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi, effectuera le 9 décembre 2020 une visite en Tunisie et aura des rencontres avec le Président de la République Kais Saied, le Chef du Gouvernement Hichem Mechichi et le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger Othman Jerandi. Cette visite s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la TICAD 8.

La prochaine TICAD 8 qui se tiendra en Tunisie en 2022, est la 2ème TICAD en Afrique après celle de 2016 à Nairobi. Les trois priorités de la TICAD sont relatives à l’économie, la société, la paix et la sécurité. La TICAD 7 qui a eu lieu en 2019 à Yokohama (JAPON), a enregistré la participation de plus de 10 mille personnes, dont 42 dirigeants africains et 108 chefs d’organisations internationales et régionales et des représentants de la société civile et du secteur privé. Elle a consacré pour la première fois une des séances plénières au dialogue entre les chefs d’Etats et les leaders d’affaires. La déclaration de Yokohama 2019 prévoit la mise en place d’instances de consultation entres gouvernements et entreprises dans chaque pays africain.

Avec TAP

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