Fadhel Abdelkéfi: « Afèk tounès n’est pas une machine électorale »

Fadhel Abdelkéfi Afèk tounès (2)

Fadhel Abdelkéfi, ancien ministre du Développement, de l’Investissement, de la Coopération internationale et des Finances vient d’annoncer son retour à la politique et cette fois, non plus comme une compétence politique indépendante mais comme nouveau militant du parti Afèk tounès dont il brigue la présidence.

Dans une interview accordée à l’Economiste Maghrébin, Fadhel Abdelkéfi s’explique sur les motifs qui l’ont amené à choisir, en ce moment, le parti d’Afèk tounès qu’il qualifie de « parti propre » et de porteur de projets pour le pays. Extraits.

Pourquoi maintenant et pourquoi avoir choisi Afèk tounès alors que jusque-là vous vous êtes toujours placé en dehors des partis politiques ?

FadhelAbdelkéfi : Avant de répondre à votre question, je voudrais rappeler que j’ai commencé à faire de la politique le jour où j’ai rejoint le gouvernement d’Union nationale, en août 2016. J’y ai fait quatorze mois au sein de ce gouvernement avant de démissionner des deux ministères, celui du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et celui des Finances par intérim pour me présenter en tant que simple citoyen devant la justice suite à une plainte de la douane intentée contre moi lorsque j’étais Directeur général de Tunisie Valeurs. Un non-lieu a été prononcé en faveur de Tunisie Valeurs dont j’étais le représentant légal. J’ai considéré ma comparution devant la justice comme un acte républicain. Ce sont des traditions que l’on devrait respecter de plus en plus en Tunisie.

Pour revenir à votre question, pourquoi maintenant ? Pour moi, la politique signifie servir la société et avoir une visibilité pour le pays. Quand je regarde la scène politique avec sa bipolarité religieux-modernistes, voire entre des conservateurs religieux et des héritiers du parti destourien, avec au milieu des partis centristes divisés qui ont beaucoup de difficultés à s’imposer et à être suivis.  A partir de ce constat, je me dis qu’il y a un rôle à jouer au centre. C’est donc dans la perspective de combler ce vide au centre que j’ai accepté de m’engager dans la politique.

« La politique signifie servir la société et avoir une visibilité pour le pays »

Pour répondre à votre question pourquoi Afèk tounès ? Tout simplement, parce qu’Afèk tounès n’est pas une machine électorale. Afèk tounès est un parti qui a été constitué en 2011 et qui a participé à toutes les échéances électorales, depuis 2011, certes avec des résultats disparates. Des résultats moyens par moments et un peu bas lors des dernières élections de 2019.

Cette participation aux échéances électorales ne signifie aucunement que ce parti est une machine électorale. Et pour cause. Si vous observez les partis qui sont représentés, aujourd’hui, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), vous remarquerez qu’il y a seulement deux ou trois partis qui ont plus que deux ans d’âge.

J’ai choisi Afèk tounès parce que c’est un parti politique qui a une vision économique et sociale que je partage en grande partie et qui ne s’inscrit pas dans la seule perspective de machine électorale.

A titre personnel qu’est-ce qui vous motive dans cette aventure politique ?

Aujourd’hui, mes enfants ont grandi. Ma femme, qui m’a beaucoup aidé dans ma carrière, continue à m’encourager. Quelque part, je suis libéré des servitudes quotidiennes, ce qui m’a donné envie de m’engager politiquement et surtout de prendre le temps requis pour faire de la politique proprement. J’ai parié sur la durée et sur la probité. Tout seul, je ne pourrai rien faire. Je suis là pour dire aux gens : arrêtez de croire qu’on est toujours face à un vote contraire à leurs principes et convictions. Il faut cesser de recourir au vote utile.

Mes amis et moi-même, nous proposons aux Tunisiens une offre politique qui consiste à voter utile au sens d’un vote d’adhésion. Pour signifier qu’ils sont d’accord avec les idées que nous leur proposons calmement, patiemment, sans précipitation. J’ai constaté qu’en Tunisie il y a beaucoup plus de machines électorales que de partis.

Vous parliez tout à l’heure d’une crise multiforme sociale, politique, économique. Il y a aussi une crie de leadership. Ne craignez-vous pas quelque part les ambitions de ceux qui peuvent vous rejoindre ? Qu’en pensez-vous ?

En principe, nous devons avoir des adhérents forts d’un back- ground et spécialisés dans leurs domaines. Par conséquent, ils doivent être traités avec beaucoup d’égards. Quant au président du parti, son rôle consiste essentiellement à fédérer, à recruter et à mobiliser les moyens humains et financiers pour accélérer et renforcer la dynamique du parti.

Chaque jour, je reçois et j’appelle des dizaines de personnes. Je suis en train de le faire patiemment et avec beaucoup d’enthousiasme. Et j’ai bon espoir que tout ira pour le mieux.

Propos recueillis par Hédi Mechri et Khemaies Krimi

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