Une bavure policière de trop?

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C’est l’affaire de l’agression présumée d’une jeune avocate dans l’enceinte d’un poste de police. Elle relance la polémique sur le projet de loi controversé. lequel est relatif à la répression des atteintes contre les forces de sécurité. Avec cette fois les avocats dans la ligne de mire.

Et en effet, les avocats réagissent. Rembobinage des faits.

Alors que la polémique sur le très controversé projet de loi relatif à la répression des atteintes contre les forces de sécurité ne cesse d’enfler; un fait divers, mais gravissime, est venu mettre de l’huile sur le feu. Pour rappeler aux uns et aux autres que le retour à un Etat policier est toujours possible. Que les libertés fondamentales peuvent être à chaque instant menacées.

D’où la crainte, ô combien justifiée, du retour à la case départ d’un système « qui renforce la culture de l’impunité. Et donne le feu vert aux forces de sécurité pour recourir à une force disproportionnée; sans craindre d’être tenues pour responsables ». Dixit Amna Guellati, directrice régionale adjointe d’Amnesty international.

Grave incident

Car l’affaire de l’agression présumée de la jeune avocate Nesrine Guerneh par le chef de la police, dans un poste de police à El Mourouj 5, est typique d’une bavure policière.

Puisque, l’incident, rappelons-le, se déroulait le mardi 4 août 2020. Lorsque la jeune avocate s’est rendue au poste de police d’El Mourouj. Pour protester contre un manquement aux procédures, dans l’audition d’un client dont elle assure la défense.

Violence et séquestration

Dans sa version des faits, elle aurait été renvoyée du bureau; puis, menacée verbalement. Et ensuite agressée physiquement par le chef de la police et son adjoint, au sein même du poste de police. « Je discutais avec le chef de la police au sujet du manque de respect des procédures d’audition de mon client. C’est alors que le chef de la police m’a renvoyée de son bureau; tout en me menaçant de m’arrêter ». C’est ce qu’elle déclarait sur les ondes de Mosaïque FM.

Et le calvaire de la jeune avocate ne semblait pas être fini. Car l’avocate assure avoir été traînée de force et que son téléphone a été confisqué lorsqu’elle a tenté de filmer la scène. « J’ai été séquestrée et frappée à la tête. Le chef de la police m’a poussée contre le mur avec l’un de ses agents. De plus, le même chef a confisqué ma carte professionnelle. Si l’un des agents n’était pas intervenu, la situation aurait empiré », selon les dires de la présumée victime.

Le dossier médical disparu?

Or, rebondissement spectaculaire dans cette affaire. Tarek Haraketi, président de l’Association des jeunes avocats, affirmait que le dossier médical de l’avocate Nesrine Guerneh avait tout simplement disparu !

« Le dossier de l’affaire de ladite avocate, qui a été envoyé à la Brigade centrale de la Garde nationale de l’Aouina, ne contient pas le dossier médical. L’association a envoyé deux huissiers notaires au Centre de traumatologie et des grands brûlés pour constater la disparition du dossier ». Tels sont ses propos sur les ondes de radio Mosaïque FM.

Car, rappelons que le parquet près le Tribunal de première instance de Ben Arous avait ordonné l’ouverture d’une enquête sur cette affaire.

Alors que le principal suspect – le chef de la police – était maintenu en état de liberté. Et ce, jusqu’à la finalisation des investigations.

Déni

Pour sa part, le secrétaire général du Syndicat régional de la sécurité intérieure assurait, hier soir, dans une intervention téléphonique sur le plateau d’Attessia, que la vidéo ayant enregistré l’agression de la jeune avocate n’est pas complète et que le juge d’instruction possède l’enregistrement complet. « Ce qui pourrait réserver des surprises », a-t-il précisé. En affirmant que le syndicat « avait confiance en la justice ».

Avocats : colère des robes noires

Enfin, notons que l’Ordre des avocats, qui a fait état de 17 agressions commises par des policiers sur des avocats depuis le début de l’année, est monté au créneau. Ainsi, plusieurs avocats observaient, hier lundi, des mouvements de protestation au Palais de Justice à Tunis et dans différentes régions de la République.

 

 

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