Le Président s’invite au débat crucial sur la peine capitale

peine capitale

Suite à l’émotion générale suscitée par le meurtre atroce de la jeune Rahma, le Président de la République s’est clairement engagé à recourir dorénavant à la peine capitale. « Les auteurs de ces crimes ne bénéficieront pas, à l’avenir, de la liberté conditionnelle, ni de la réduction de peine. La grâce sera désormais accordée à ceux qui la méritent », a-t-il assuré.

« Quiconque tue une personne sans aucune raison mérite la peine de mort », a déclaré le chef de l’Etat Kaïs Saied lors du dernier Conseil de sécurité, selon une vidéo mise en ligne par la présidence de la République.

Ainsi, le Président se prononce clairement en faveur de la peine capitale en référence à l’article 7 du Code pénal qui prévoit la peine capitale par pendaison, tout en assurant tous les droits de défense à tous les accusés.

Ambiguïté de la Constitution

Toutefois, il convient de signaler que la Constitution tunisienne adoptée en 2014  est restée assez évasive concernant la peine capitale puisqu’elle consacre le droit à la vie, mais n’a pas aboli la peine de mort.

« Le texte existe », a-t-il fait observer, rappelant à l’occasion que la loi tunisienne autorise toujours la peine de mort. « En Tunisie, la peine de mort est toujours en vigueur et n’a pas été abolie. Le crime commis par l’assassin de Rahma est odieux. Et mérite la peine de mort, d’autant plus qu’il a déjà commis un meurtre et a été gracié par la suite ».

Grâce présidentielle à la carte?

« Les auteurs de ces crimes ne bénéficieront pas, à l’avenir, de la liberté conditionnelle. Ni de la réduction de peine », a-t-il promis  signalant que « la grâce ne sera désormais accordée à ceux qui la méritent ».

« L’auteur du crime a le droit à un procès équitable. Sans qu’il n’ait le droit à une grâce puisque c’est un récidiviste », a ajouté le président de la République.

Cela veut-il dire que ces criminels n’auront plus aucun droit à la grâce présidentielle. Dernier rempart avant l’acte ultime ? Question cruciale d’autant plus que la Tunisie a signé, en 2012, un moratoire. Par lequel elle s’est engagée à ne pas appliquer la peine de mort.  Sachant qu’il ne s’agit pas d’une abolition. Mais uniquement d’une suspension de la sentence.

Ainsi, le débat autour de la peine capitale et les limites de son application en Tunisie se voit relancer. Suite au crime atroce de la jeune Rahma 29 ans,  braquée, violée puis jetée dans un ruisseau près de l’autoroute de la Marsa. Sur fond de l’émotion générale attisée ces derniers mois par la recrudescence de crimes crapuleux et de plus en plus sanguinaires.

« Il es temps d’en finir avec la peine capitale »

Réaction immédiate de la part d’Amnesty International qui répond au président de la République. Appelant l’Etat tunisien à aller dans le chemin de l’interdiction de la peine de mort en Tunisie.

En outre, Amnesty International Tunisie a exhorté l’Etat tunisien à honorer ses engagements envers les Nations unies. « Il est temps d’en finir avec la peine capitale », lit-on sur son compte FB.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation contre la torture en Tunisie, Mondher Cherni, a  rappelé que  la peine de mort n’a pas été appliquée en Tunisie depuis des décennies. « Après la révolution, la perpétuité a remplacé la peine de mort prononcée contre plus d’une centaine de personnes en Tunisie», a-t-il assuré.

Reste une question lancinante : S’il fallait appliquer la peine de mort pour certains crimes crapuleux à l’instar de l’assassinat de Rahma. Ou ceux,  plus atroces, perpétrés contre les enfants, que faudrait-il faire pour les 45 détenus qui croupissent dans les couloirs de la mort. Dans le cadre de la loi antiterroriste ?

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