Lettre ouverte au Président : le cri du cœur de Sadok Chaabane

Sadok Chaabane Président République

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Sadok Chaabane, spécialiste en droit public et ancien ministre, s’insurge. Et ce, contre le traitement « humiliant » réservé aux Destouriens. Il lui rappelle son rôle de « garant de l’unité nationale ».

« Je ne reconnais plus en vous l’étudiant en droit, ni le professeur de droit; ni l’ami défenseur du droit, ni le Président de tous les Tunisiens ». C’est par ces phrases chocs que Sadok Chaabane, universitaire, spécialiste en droit public et ancien ministre sous le règne de Ben Ali, s’adresse au président de la République. Et ce, dans une lettre ouverte, publiée ce week-end sur son post.

Alors que reproche-t-il au juste à « l’un de ses meilleurs étudiants, un de ses meilleurs collègues et un ami, l’un des plus chers? »

Diffamation

Bien évidemment d’avoir sévèrement critiqué le chef du gouvernement Hichem Mechichi. Et ce, pour avoir nommé deux compétences nationales, en l’occurrence Taoufik Baccar et Mongi Safra.

En effet, les services de communication de Carthage mettaient en scène une vidéo de la rencontre Mechichi-Saïed, le 23 septembre. Au cours de laquelle le chef de l’Etat sermonnait le locataire de la Kasbah. A cause de la nomination de ses conseillers et sans donner la parole à son interlocuteur.

« Rassembler et non diviser »

A cet égard, M. Chaabane estime que les propos présidentiels sont des diffamations proférées à l’encontre de tous les Destouriens. « Il ne faut pas diaboliser l’ancien régime. A chaque époque son régime et tous les régimes politiques sont éphémères », fait-il observer, philosophe.

« Avez-vous oublié que vous êtes le président de tous Tunisiens sans exception? Que vous êtes le garant de la Constitution? Que vous êtes le symbole de l’unité nationale? Avez-vous oublié que votre mission consiste à rassembler et non diviser? Et que vous représentez le prestige de l’Etat dont les symboles ne doivent jamais être humiliés ». Ainsi, s’’est exclamé l’ancien ministre de la Justice.

Et de poursuivre: « Vos propos ont été blessants pour tous les Destouriens et humiliants pour les personnalités de l’ancien régime dont je fais partie. Je suis fier d’avoir appartenu à ce régime, fier de ses réalisations en faveur de la Tunisie et des Tunisiens. Fier également de ce qu’il a réalisé comme stabilité, bien-être et indépendance de la décision nationale ». C’est ce que martèle l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur.

Car, « j’ai vécu les changements, ayant étudié et enseigné la transition politique. J’ai constaté qu’à chaque époque son régime. Par conséquent, il n’est pas judicieux de diaboliser un régime car il est ancien. Le régime d’aujourd’hui appartiendra un jour à l’ancien régime », poursuit-il.

« Je crois en toi ma Patrie »

Rappelons que Sadok Chaabane, éminente personnalité politique de Ben Ali, appelé affectueusement par ses amis « le Souslov » du RCD avait auparavant annoncé sa décision de quitter la politique. « Confisquez mes titres, diplômes, mes passeports au nom de votre justice, confisquez mes voyages, au nom de vos règlements, confisquez ma voix si vous voulez, ma plume, détruisez mon toit… Je crois en toi ma Patrie ». Voilà ce qu’il avait écrit à l’époque, dans un émouvant cri du cœur.

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