Quand Makhlouf fait des courbettes à Nabil Karoui!

Makhlouf

Un récent rapprochement a lieu entre le parti Qalb Tounes et Al Karama. En vue de constituer une coalition parlementaire avec le mouvement Ennahdha. Est-il de nature à changer la donne au sein du Parlement? Retour sur un mariage contre nature.

En effet, il y a des signes avant-coureurs qui ne trompent pas. A l’instar des photos du président d’Al Karama, Seifeddine Makhlouf. On le voit accroché à la fenêtre de la luxueuse voiture du président du parti Qalb Tounes, Nabil Karoui. L’homme qui, pourtant, est à ses yeux l’émanation d’un système corrompu, voire mafieux.

Photos choquantes

Des photos qui ont choqué même les électeurs de ce parti dit « révolutionnaire ». D’autant plus que la coalition Al Karama n’a cessé de claironner son refus de s’associer à Qalb Tounes. Parti dont le président porte des casseroles judiciaires dans des affaires d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Alors, pourquoi le député, avocat de son état, s’est-il jeté dans les bras de l’homme d’affaires et propriétaire de la chaîne privée Nessma. Risquant ainsi de déplaire à sa base électorale?

De plus, ajoutons à cela, une photo porteuse de messages politiques et largement partagée sur les réseaux sociaux. Celle d’Hichem Mechichi, Rached Ghannouchi, Nabil Karoui et Saifeddine Makhouf. Ils sont réunis autour d’une table de déjeuner, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

Alors, pourquoi Seifeddine Makhlouf s’est-il jeté dans les bras de l’homme d’affaires et propriétaire de la chaîne privée Nessma?

Justifier l’injustifiable

En effet, Seifeddine Makhlouf vient d’annoncer une alliance avec le parti Qalb Tounes. Et ce, tenez vous bien, pour réaliser « les objectifs de la Révolution; et consolider le processus de la transition démocratique ». A se tordre de rire!

Et de justifier encore cette nouvelle alliance apparemment contre nature. « Qalb Tounes qui a été élu par des citoyens tunisiens nous a tendu la main. Et a refusé de s’inscrire dans les plans d’exclusion », dixit le porte-parole d’Al Karama.

Puis, il poursuit: « Nous avons tout fait pour nous rapprocher d’Attayar pendant de longs mois. Mais ils nous ont manifesté dédain, arrogance et mépris. Ils nous ont traités de tous les noms. Pire, ils ont pris part à tous les complots et toutes les machinations tissés par les nostalgiques malades de l’ancien régime ».

Et d’ajouter: « Parallèlement, Qalb Tounes, élus par des citoyens tunisiens tout comme nous, nous a tendu la main dès le premier jour. Il a refusé, publiquement de s’engager dans la haine et l’éradication. Il en a d’ailleurs fait les frais et a perdu le tiers de son bloc parlementaire. Qalb Tounes a annoncé clairement qu’il était prêt à adopter les acquis de la transition démocratique. Et de nous permettre d’atteindre la majorité nécessaire pour y parvenir », écrit Makhlouf sur sa page FB.

D’ailleurs, il convient de rappeler à ce propos que ce rapprochement était annoncé le jour même du vote de confiance au gouvernement Mechichi.

Ainsi, le député de Qalb Tounes, Yadh Elloumi, avait annoncé la formation d’une coalition parlementaire. Laquelle « se composera de 120 députés et œuvrera à assurer au Chef du gouvernement Hichem Mechichi et son équipe un cadre stable pour travailler et appliquer les réformes nécessaires ». Le ton est donné.

Sachant que cette nouvelle coalition regroupe: Ennahdha (54 députés); Qalb Tounes (26 députés); la coalition al-Karama (19 députés); al-Mostaqbal (9 députés); ainsi que des indépendants.

Sous-traitance

In fine, on aura compris que le véritable architecte de cette coalition hétéroclite et montée de toute pièce n’est autre que le mouvement d’Ennahdha.

Alors, le cheikh de Montplaisir, en vieux briscard de la politique, a  « sous-traité » son fidèle allié d’Al Karama. Et ce, pour se rapprocher de Nabil Karoui, l’homme aux mille visages. Afin de constituer un front parlementaire composé de 120 députés. Et ce, pour pouvoir peser sur les choix d’Hichem Mechichi, l’homme du Président.

Dans cette passionnante partie d’échecs entre le président de la République et le leader d’Ennahdha, chacun avance ses pions. En attendant l’échec et mat, mais en combien de coups?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here