Mechichi consulte à tour de bras mais ne laisse rien filtrer

Mechichi

Le chef du gouvernement désigné Hichem Mechichi ne dispose que de quelques jours. Et ce, pour former son équipe; avant la date butoir du 25 août. Ainsi, il élargit les consultations aux représentants des partis politiques. Récit d’une journée marathonienne.

Discret, pour ne pas dire secret, méthodique, ne laissant rien filtrer sur ses intentions quant à la composition de sa future équipe. Le chef du gouvernement désigné, Hichem Mechichi, continue son petit bonhomme de chemin, en écoutant à droite et à gauche.

Consultations marathoniennes

Ainsi, après avoir entamé avant la pause de l’Aïd des consultations en recevant à Dar Dhiafa les organisations nationales. Hichem Mechichi avait également rencontré tour à tour la semaine dernière: le président du Syndicat national des journalistes tunisiens, Néji Bghouri; le président de l’organisation « Conect » Tarek Cherif; ainsi que l’ancien gouverneur de la BCT, Taoufik Baccar.

A noter que Mechichi ne dispose que de 30 jours pour façonner son équipe gouvernementale, soit la date limite du 25 août. A cet égard, il a repris hier lundi 3 août le ballet de ses consultations marathoniennes; en recevant l’actuel gouverneur de la Banque centrale, Marouan Abbassi; comme la présidente de l’UNFT, Rhadia Jerbi.

Dans la même journée, et daignant enfin consulter les partis politiques représentés sous le dôme du palais de Bardo,  il a eu un entretien avec les représentants du mouvement Ennahdha. Avant d’enchaîner avec Qalb Tounes, le Courant démocratique, le Mouvement d’Echaâb et Al Karama.

« Une personne intelligente », dixit Karoui

A la sortie de Dar Dhiafa à Carthage, le président de Qalb Tounes, Nabil Karoui, avait déclaré aux médias que Mechichi « était une personne intelligente; qui ne reproduira pas les erreurs du gouvernement précédent ». Une allusion à peine voilée à Elyes Fakhfakh qui lui avait claqué la porte du gouvernement au nez.

Comme s’il avait déjà un pied au futur gouvernement, Nabil Karoui s’est même payé le luxe de préciser qu’il ne s’opposera pas à l’adhésion d’aucune partie à la prochaine équipe gouvernementale. Toutefois,  « les résultats des élections doivent être respectés, la minorité n’a pas le droit d’imposer ses positions à la majorité », a-t-il fait remarquer.

Abbou : « Sortir des sentiers battus »

Pour sa part, le secrétaire général d’Attayar, Mohamed Abbou, a déclaré avoir appelé Mechichi à mettre en place un gouvernement « capable d’imposer la loi sans aucune extorsion extérieure. Dix ans de chaos et de corruption au sein de la plus haute autorité devront impérativement cesser », a-t-il martelé sur les ondes de Mosaïque FM.

Et d’ajouter: « Nous avons demandé à Hichem Mechichi de sortir des sentiers battus et de s’aventurer pour former un gouvernement capable d’imposer la loi et sans subir des chantages ».

Interpellé sur les réserves qu’aurait Attayar contre certains partis politiques, le ministre de la Fonction publique a affirmé ne pas avoir évoqué le sujet avec son interlocuteur. Mais « certains partis politiques devraient comparaître devant la justice et non gouverner le pays », selon ses dires.

Rappelons enfin, que Abir Moussi, présidente du PDL, a annoncé pour sa part que son parti a décliné l’invitation de Hichem Mechchi. Et qu’il ne participerait pas aux concertations tant que les représentants des « Frères musulmans » en faisaient partie.

La présidente du PDL, semble-t-il, a l’air de se plaire dans son rôle d’éternelle opposante, en sourcilleuse gardienne de la Vertu destourienne contre « Le système ». Du populisme tout court….

 

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