TABC : cinq ans ça se fête, cinq ans au rythme africain

TABC

Le 27 juin 2020 demeurera une journée incontournable dans l’histoire de Tunisia Africa Business Council ( TABC ) pour trois raisons. Car cette date marque son cinquième anniversaire. Mais aussi l’élection du deuxième Bureau exécutif suite à l’AGO de l’ONG. De même que le lancement officiel de sa nouvelle initiative: Tunisia Business Council WorldWide (TBCWW). Ainsi il s’agit d’une journée festive.

D’ailleurs, c’est avec émotion et un « pincement au cœur » que le fondateur et le président sortant de l’organisation Bassem Loukil a annoncé le passage du flambeau au nouveau Bureau exécutif. Un passage qui, d’après lui, a respecté les traditions démocratiques de l’organisation. En effet, le président sortant a déjà exprimé sa confiance dans la composition du nouveau Bureau exécutif du TABC présidé par Anis Jazri.

En outre, l’Assemblée était l’occasion de revenir sur le bilan du TABC, pendant le mandat 2015-2020. Ce mandat fut celui des forums, du networking, des missions sectorielles et/ou multisectorielles; ainsi que des partenariats et du renforcement des relations avec le continent africain.

Ainsi, cinq ans durant, les équipes du TABC ont parcouru plusieurs pays africains à la recherche de nouveaux créneaux et de marchés inexploités. Bien évidemment le résultat était bel et bien là. Par exemple, l’année 2020 était chargée d’activités et de travail acharné. C’était l’année des missions multisectorielles: à Kinshasa, au mois d’avril; au Sénégal au mois de juin; en Mauritanie pour le mois juillet; et au Nigéria, au mois de novembre.

Activités variées en l’honneur de l’Afrique

Tout au long de la même année, TABC a pris part à plusieurs événements à l’échelle africaine, comme: la Foire internationale de Bamako (FEBAK) au Mali au mois de janvier; Africa SEO forum à Abidjan au mois de mars; Sommet Afrique-France à Paris au mois de juin. Et l’organisation lançait ses propres événements en 2020, à savoir FITA 2020. De même, elle envisage d’organiser la 3ème édition du Financing Investment and Trade in Africa, au mois de juillet.

Par ailleurs, lors de l’événement, le rapport financier et moral de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2018 a été approuvé. Et ce, en présence d’un commissaire aux comptes. Ce dernier a confirmé que les états financiers sont établis en conformité avec la disposition des normes comptables tunisiennes. Et en particulier de la norme 45 relatives aux associations, aux partis politiques et autres organismes à but non lucratif.

Commentant ce point, Bassem Loukil se félicite de n’avoir jamais reçu, pour le financement de son ONG, un seul dinar de l’Etat. Les seules formes de financements de l’organisation sont les cotisations, les frais d’adhésion et le sponsoring. Cependant le commissaire aux comptes souligne la nécessité de tenir une AGO pour approuver les états financiers de 2019, rapidement.

TBCWW: de la valeur ajoutée avant toute chose

En effet, TBCWW est une organisation qui viendra en appui à la diplomatie économique. Elle va rassembler d’éminentes personnalités tunisiennes autour du monde. L’objectif est de contribuer au rayonnement de la Tunisie à l’international. Expliquant l’importance de la nouvelle initiative, Anis Jaziri a fait savoir que TABC a constaté que le Tunisien ne peut pas aller en Afrique tout seul. « On peut y aller, mais pour avoir de très petites parts de marché », explique-t-il. C’est la raison pour laquelle il souligne le besoin d’établir des partenariats tripartites.

Dans ce contexte, il précise qu’il existe plusieurs projets sur lequel les Tunisiens peuvent se positionner. Mais il y a d’autres projets où les Tunisiens ont besoin de partenaires internationaux pour se positionner. « C’est dans ce cadre que s’inscrit le rôle de TBCWW, d’aller vers l’Europe, l’Amérique, l’Asie et l’Australie. Pour leur dire que la Tunisie est la meilleure plateforme pour aller vers l’Afrique et pour travailler ensemble », lance-t-il. Et d’énumérer le potentiel de la Tunisie. « Nous avons de l’expertise, la maîtrise des langues et un positionnement stratégique formidable », argumente-t-il.

D’ailleurs, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la recomposition des chaînes de production et des valeurs. « Après la Covid-19, il y a un repositionnement global et beaucoup parlent de relocalisation. Plusieurs entreprises ont retiré leur industrie de la Chine à l’Europe. Et la Tunisie doit se positionner sur un certain marché cible », poursuit-il.

Puis, il a jouté: « Nous avons un positionnement stratégique important; et nous pouvons travailler sur ces niches-là. Pour avoir des commandes qui ne sont pas des commandes en millions; mais d’une valeur ajoutée très importante. Lesquelles demandent un délai très court que la Chine ne peut pas permettre; surtout que la Tunisie est proche de l’Europe et elle peut le réaliser ». Pour lui, la Tunisie peut-être une tête de pont. L’initiative a encore un rôle à jouer entre la Chine, la Tunisie et l’Afrique. D’ailleurs, le nouveau slogan de l’ONG est Tunisia is your gateway to Africa reflète bel et bien cette réalité.

Les priorités et les perspectives du nouveau Bureau exécutif du TABC

Dans une déclaration à l’Economiste Maghrébin, le nouveau président du bureau exécutif Anis Jaziri affirme que le nouveau Bureau exécutif s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Ainsi, il ne s’agit point de rupture entre le bureau sortant et celui fraîchement élu. Pour lui, un travail titanesque a été réalisé pendant les cinq dernières années. Cependant, « il reste encore énormément de travail à faire ». Et ce, étant donné que la Tunisie accumule beaucoup de retard sur l’Afrique. Raison pour laquelle, « nous devons accélérer ce que nous avons fait pendant les cinq dernières années », affirme-t-il.

Ainsi, le Bureau exécutif prévoit de visiter les pays africains qu’il n’a pas encore visités. De même, il prévoit de travailler sur l’accompagnement ciblé des adhérents du TABC et des entreprises tunisiennes travaillant sur l’Afrique subsaharienne. L’intervenant a fait savoir que le Bureau exécutif ambitionne de donner plus d’ampleur au FITA 2020. Afin qu’il devienne un événement majeur en Afrique. Des efforts particuliers seront fait sur: le secteur médical; de l’enseignement supérieur; le secteur agroalimentaire; le BTP; et les TIC. « Nous avons beaucoup d’expertise tunisienne à exporter », lance-t-il.

De la dimension africaine à la dimension internationale

Pour Bassem Loukil cette initiative est un conseil d’affaires tuniso-mondial. Il se concentrera sur de nouvelles synergies et une nouvelle initiative, à même de fédérer les efforts nationaux. Avec tous les efforts des experts et la diaspora tunisienne vivant à l’étranger. Objectif: créer un espace de réseau de networking international pour positionner la Tunisie dans un ordre économique tout à fait nouveau après la Covid-19; concurrentiel pour l’attraction de nouveaux investissements. Pour lui, la Tunisie doit trouver un nouveau mode de marketing de positionnement par rapport à ses concurrents. Afin d’attirer un grand nombre d’investissements étrangers sur les deux ou les trois prochaines années.

A cet égard, il affirme qu’il faut profiter de la nouvelle vision européenne par rapport à ses partenaires comme la Chine. Face à cette situation, le besoin des compétences des Tunisiens vivant à l’étranger s’impose. Elles sont capables de mobiliser des énergies, des fonds et des idées avec leurs compatriotes locaux. Et ce, pour aller chercher de nouveaux investissements et de nouveaux marchés. Mais aussi diversifier le marché et faire de la Tunisie un vrai hub d’investissement vers l’Afrique et vers l’Europe.

C’est donc un Conseil d’affaires tuniso-tunisien concentré et centré sur la promotion de l’investissement en Tunisie. Tout en se reposant sur la diaspora, les experts et les compétences tunisiennes là où ils sont. Il indique que cette initiative appuiera la diplomatie économique tunisienne. « Ce sera une force de suggestion pour faire sortir la Tunisie de cette crise », affirme-t-il.

Trois objectifs accomplis

Ensuite, M. Loukil affirme que toute l’équipe a travaillé pendant cinq ans pour réaliser trois objectifs. Le premier objectif consiste à la création d’une vision africaine. « En 2015, on parlait de l’Afrique comme un seul pays et un seul marché. Mais au bout de cinq ans, les chefs d’entreprises ont compris que l’Afrique est un continent de 54 pays. Où chacun a son propre marché et ses propres spécificités », lance-t-il.

En outre, revenant sur le deuxième objectif, il affirme: « On voulait que le gouvernement tunisien mette en place une véritable politique africaine. Laquelle se base sur les réalités et une stratégie gagnant-gagnant. Je pense que malgré tous les efforts et les obstacles qu’on a pu avoir sur le plan logistique et financier, il y a eu des avancées. Cependant, Tunisair aurait pu être en meilleure position aujourd’hui.  Pour le reste, je pense que la communication, l’appui et le franc-parler entre le TABC et les ministères des Affaires étrangères, du commerce, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle ont fait avancer un certain nombre de points », lance-t-il.

De plus, le troisième objectif est de faire connaitre l’Afrique aux Tunisiens; avec ses secteurs clés et porteurs. L’ONG a mené plusieurs études pour connaitre les forces et les faiblesses avant de s’aventurer.

Une nouvelle approche pour la diplomatie économique officielle

Par ailleurs, lors de la clôture de l’événement, le ministre des Affaires étrangères Noureddine Ray s’est exprimé. Il affirme que s’orienter vers le continent africain est l’un des choix stratégiques de la Tunisie et de sa diplomatie économique. « Nous devons reconnaître qu’auparavant ce n’était qu’un slogan qui n’a rien à voir avec la réalité », lance-t-il. Actuellement l’Etat tunisien est bel et bien conscient de l’importance de la mise en place d’une véritable diplomatie économique. Cette diplomatie économique doit être élaborée à long terme. Son objectif principal est de renforcer la relation avec notre dimension africaine », explique le ministre.

De même, il est question de diversifier les partenariats avec les autres destinations. Cette approche doit se baser sur un partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Le ministre a salué l’initiative TBCWW. « C’est une initiative très importante ». Il affirme également que toutes les expériences dans le monde ont montré que c’est le secteur privé qui prend l’initiative de s’introduire dans les marchés étrangers et pour renforcer les exportations. « C’est pour cette raison que l’Etat doit prendre ces données en considération et doit soutenir le secteur privé », lance-t-il.

Enfin, il annonce l’existence d’une nouvelle approche pour la diplomatie économique. Son premier axe est le diagnostic. Dans ce cadre, le ministre indique que le ministère est en train de faire le diagnostic. En effet, il s’agit d’identifier le potentiel de la Tunisie; à savoir: ce qu’elle peut offrir aux autres pays et ce dont elle a besoin. Le deuxième axe s’articule autour des méthodes pour s’introduire dans les marchés. Et notamment à travers le renforcement de la présence diplomatique.

« Nous n’avons que dix ambassades sur 54 pays africains. C’est un faible taux par rapport à d’autres pays », regrette-t-il. Ainsi, il faut fournir les outils nécessaires pour les structures économiques tunisiennes. Et ce, afin qu’elles puissent s’introduire sur les nouveaux marchés.

Quant au troisième axe, il porte sur « la communication » directe avec les autres pays. Pour le ministre, « l’approche ne doit pas être uniquement économique. Elle doit être une approche de solidarité et une approche culturelle qui utilisent la dimension africaine et culturelle ».

La liste des membres du nouveau bureau exécutif de TABC

Equipe de lancement de TBCww

 

 

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