Le conflit libyen au cœur des entretiens de Kaïs Saied à l’Elysée

conflit libyen

Le conflit libyen sera au menu des entretiens entre Emmanuel Macron et son hôte tunisien. Et ce, à l’occasion de la visite de travail et d’amitié que le président Kaïs Saïed effectue aujourd’hui à Paris.

Le conflit libyen, après les récentes menaces de l’Egypte d’intervenir militairement dans le conflit dans ce pays limitrophe de la Tunisie, sera au cœur des entretiens entre le président Emmanuel Macron et Kaïs Saïed. Lequel effectue, ce lundi 22 juin, une brève visite de travail et d’amitié à Paris. Et ce, en réponse à l’invitation du chef de l’Etat français.

A savoir que le président de la République avait réservé son premier déplacement à Alger, comme le veut la coutume. Puis, il consacre son premier voyage hors du Maghreb et du monde Arabe à la France; notre premier partenaire commercial.

A ce propos, notons que le président Kaïs Saïed est le premier responsable étranger à être reçu à l’Elysée. Et ce,  depuis la fin du confinement.

Partie d’échecs

Ainsi, la Tunisie et la France, les deux pays riverains en Méditerranée, sont extrêmement préoccupés par la situation complexe en Libye. Et ce, après l’appui militaire d’Ankara au GNA de Sarraj dans la Tripolitaine. Mais aussi au positionnement des Russes dans la Cyrénaïque. Ainsi que par rapport aux menaces proférées samedi par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. En effet, il a prévenu que toute avancée des pro-GNA vers Syrte (450 km à l’est de Tripoli) pourrait entraîner une intervention « directe » du Caire.

Enjeux stratégiques

D’une part, Paris qui veut reprendre son rôle d’acteur de premier plan au sud de la Méditerranée. Alors elle suit avec inquiétude l’utilisation par les forces turques de la base navale de Misrata et de la base aérienne d’Al­ Watiya. De crainte que cette présence aérienne et navale permanente des Turcs en Libye ne serve à consolider la position de la Turquie dans cette zone stratégique.

Au risque de priver la France de sa « part du gâteau » des ressources pétrolières et gazières de la Libye. Notamment après la découverte d’importants gisements de gaz en face de la côte libyenne.

D’autre  part, la Tunisie qui partage une frontière de 460 km avec la Libye, est directement impactée par l’insécurité qui règne dans ce pays limitrophe. Car elle met en danger directement sa stabilité ainsi que son économie, aujourd’hui en lambeaux; notamment suite à la pandémie de Covid.

Divisions

Or, la Tunisie a toujours érigé la neutralité en politique étrangère comme principe de base. De plus, elle n’aborde pas le conflit libyen en ordre serré. Et ce, à cause d’Ennahdha, chantre de l’islam politique, qui prend ouvertement position pour le gouvernement islamiste de Fayez Sarraj. Lequel est à l’origine de l’intervention turque en Libye.

Faut-il rappeler à ce propos le mystérieux déplacement au début de l’année de Rached Ghannouchi, président du Parlement et leader incontesté du parti Ennahdha, à Ankara. Et sa rencontre avec Tayyp  Erdogan, sans la présence d’ambassadeur de la Tunisie? Ou ses récentes félicitations à Fayez el-Sarraj, après avoir récupéré la base aérienne stratégique d’el Outia?

Une malheureuse initiative qui avait incité le président Kaïs Saïed à lui rappeler « qu’il n’y a qu’un seul président en Tunisie ». L’accusant à l’occasion de mener une diplomatie parallèle et de piétiner sur les plates-bandes des prérogatives présidentielles. Notamment celles des affaires étrangères et de la défense. Lesquelles sont garanties par la Constitution.

Lors de leurs entretiens à l’Elysée, il est certain qu’Emmanuel Macron et son invité chercheront à accorder leurs violons sur le conflit libyen. D’autant plus que la récente intervention du Caire dans l’échiquier libyen risque de changer la donne.

Bruit de bottes

En effet, l’avancée des troupes du gouvernement de l’Union nationale, avec l’appui de la Turquie, vers la ville de Syrte, verrou stratégique vers l’Est contrôlé par le maréchal Haftar, représente une « ligne rouge » pour le président égyptien Abdelfattah Sissi. Lequel a prévenu, samedi 20 juin que « si cette ligne est franchie, cela entraînera une intervention directe des forces égyptiennes en Libye ».

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