Pandémie-Tunisie : une lumière au bout du tunnel

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la situation épidémiologique du 'COVID-19" à la date du 13 Avril 2020 (pubié le 15 avril) / Source : http://www.onmne.tn

En Tunisie, la lutte contre la pandémie de Covid-19 est-elle sur la bonne voie ? Oui, répondent deux éminents spécialistes de la santé. Mais à condition de ne pas baisser la garde ni de précipiter le dé-confinement. Explication.

Pour une fois, nous sommes fiers que notre pays figure en queue de peloton des pays touchés par la pandémie de Covid-19.

En effet, la Tunisie compte à ce jour 780 personnes contaminées; alors que le nombre de décès s’élève à 35. De plus, depuis une semaine, la courbe de mortalité et de contaminations semble sur un plateau épidémique et le pic tant redouté n’a pas eu lieu.

Ne pas baisser la garde

Touchons du bois, mais il ne faut pas pour autant baisser la garde. Bien au contraire, il faut maintenir la mobilisation générale. Il faut respecter, encore et toujours, les mesures mises en place pour enrayer la propagation de l’épidémie. A savoir: les gestes barrières; les mesures de distanciation sociale; la restriction des sorties; le couvre-feu… Parole de spécialistes.

Alors, peut-on prétendre que la Tunisie a pu endiguer la pandémie en dépit de ses modestes moyens? Peut-on parler d’une petite lumière au bout du tunnel? Laissons à deux sommités scientifiques tunisiennes le soin de répondre à ces questions.

« Les chiffres sont inférieurs à nos prévisions »

Lors d’un entretien téléphonique, hier mercredi, sur la radio Jawhara FM, le directeur du prestigieux Institut Pasteur de Tunis, Hechemi Louzir, dévoilait que les épidémiologistes s’attendaient à une augmentation significative de personnes infectées par le coronavirus.

« Toutefois, heureusement, le courbe du nombre de décès et de contamination reste plate. Ainsi, les cas enregistrés et confirmés sont inférieurs à nos prévisions. De plus, selon les recherches effectuées par nos laboratoires, il s’avère que l’épidémie touche principalement les personnes âgées et qu’elle n’est dangereuse que pour les seniors porteurs de maladies chroniques. Enfin, selon une étude récente de l’Institut Pasteur, 80% des personnes contaminées ne nécessitent ni hospitalisation, ni mise sous respirateur ». C’est ce que révèle le Dr Hechemi Louzir.

Le « miracle tunisien »

Même note d’espoir de la part du Dr Radhi Belkahia, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU d’Amiens, au nord de la France.

Invité par l’animatrice de l’émission Tounès El Youm sur Al  Hiwar Ettounsi à commenter la situation sanitaire en Tunisie en comparaison avec la France, pays frappé de plein fouet par le Covid-19, il n’a pas hésité à parler de « miracle tunisien ».

« En France, on déplore plus de 17 000 morts pour environ 700 cas en Tunisie. Je parle de chiffres et je crois aux statistiques présentées par nos responsables. Ces chiffres ne peuvent ni bouger ni être manipulés car on ne peut cacher le nombre de morts dans un petit pays comme le nôtre ».

Dé-confinement et fermeture des frontières

Et d’ajouter: « C’est une bonne chose car nos hôpitaux ne sont pas débordés. Cela est dû au confinement qui a été opéré à temps. Et au fait que nous avions rapidement fermé nos frontières. Et c’était facile de prendre cette décision car nos frontières du sud sont pratiquement fermées en raison de la guerre civile en Libye. L’Algérie ne pose pas problème car c’était possible de fermer les frontières des deux côtés. »

« Reste les aéroports. Les destinations principales sont la France et l’Italie. Heureusement que les frontières ont été fermées à temps. Ceci a aidé à stopper la contamination », a-t-il précisé.

« De plus, grâce au confinement, il y a peu de chances que la contamination se propage tant que nous restons entre nous. C’est tenable, disons que la situation est gérable. Le problème c’est l’ouverture des frontières. Car jusqu’à quand va-t-on les fermer ?

« Faut-il dé-confiner ? Oui, mais progressivement. Il faudra continuer à nous enfermer pour une courte période de deux ou trois semaines si la courbe de la pandémie est toujours plate. Mais à condition que les frontières restent hermétiques », conclut le Dr Radhi Belkahia.

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