Covid-19 : l’affaire des patients de Djerba refusés à Médenine

Djerba

Le Centre hospitalo-universitaire de Médenine refusait mercredi l’admission d’une patiente dans un état critique. Elle arrivait en provenance de l’hôpital régional Sadok Mokaddem, de Djerba (Houmt Souk). Une situation qui en dit long. Nous avons contacté Najet Ben Rejeb. Elle est membre de la  Fondation Djerba Développement Durable. Elle nous explique ce qui s’est réellement passé à l’hôpital Sadok Mokaddem de Djerba. 

Car à Djerba, rien ne va plus. L’hôpital se retrouve sans réanimateur, sans cardiologue et sans pneumologue.

Pourtant, Mme Ben Rejeb rappelle qu’il y a deux jours, trois visites de la délégation du ministère de la Santé, puis le ministre en personne se sont succédé à l’hôpital de Djerba. Sur place, le cadre médical a bel et bien expliqué la situation. En insistant sur les manques criants en personnel et matériel.

En effet, l’hôpital Sadok Mokaddem de Djerba ne dispose pas de spécialistes cardiologue, pneumologue et réanimateur. 

De plus, les respirateurs de réanimation font défaut, comme d’autres équipements lourds qui nécessitent des spécialistes.

Alors, elle déclare que la solution trouvée avec le ministre était que « les malades les plus affectés, ceux qui ont un grand besoin de la respiration artificielle, en état grave, soient transférés à l’hôpital le plus proche. C’est-à-dire l’hôpital universitaire de Médenine. Sauf que le syndicat de Médenine a refusé l’hospitalisation de ces patients ».

Dans ce contexte, elle cite le cas d’une femme de 60 ans qui a eu des complications respiratoires, alors qu’elle est atteinte d’un cancer. « Et qu’elle a 20% de chances de guérir. Nous avons demandé un transfert du malade, mais malheureusement les syndicats des médecins ont refusé. Puisque Djerba est considérée comme un cluster », rétorque-t-elle 

Et d’ajouter: « Nous avons l’habitude d’être délaissés. Ce qui n’est pas normal. Or, la situation va s’aggraver. Car ce que les gens oublient, c’est que Djerba a accueilli les voyageurs rapatriés de Bruxelles et personne n’en parle. Je pense que le problème est beaucoup plus profond. Le problème est politique alors que la santé des Tunisiens n’a pas de prix. » 

Elle a également fait savoir que les médecins privés qui se trouvent à Djerba veulent intervenir dans les hôpitaux. Mais il leur faut l’autorisation du ministère de la Santé, qui reste à ce jour inexistante.

Même si la solution a été trouvée en transférant la patiente à l’hôpital de Sfax, cela n’empêche qu’il faut se poser des questions et obtenir les bonnes réponses. Pourquoi ne pas appliquer l’accord qui a été décidé avec le ministre de la Santé? A savoir transférer le patient vers l’hôpital le plus proche.

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