Trump, le coronavirus et l’ « exceptionnalisme » américain

Le président américain Donald Trump continue sur la voie de l’irresponsabilité et de l’arrogance. Ses tweets, son principal moyen de communication, continuent de polluer l’atmosphère internationale. Et d’alimenter la tension entre les Etats-Unis et plusieurs pays dans le monde.

Ainsi, publié le lundi 16 mars, le dernier tweet toxique du président américain donne une nationalité au virus Corona ou Covid 19 selon l’appellation officielle de l’OMS. « Les Etats-Unis soutiendront vigoureusement les secteurs d’activités, comme les compagnies aériennes et autres, qui sont particulièrement touchées par le virus chinois », écrit Trump.

Alors, la colère légitime de la Chine ne s’est pas faite attendre. « Nous sommes fortement indignés et fermement opposés à l’utilisation de cette expression ». C’est ce qu’indiquait M. Geng Shuang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois. Et ce, le mardi 17 mars lors d’une conférence de presse.

Une stigmatisation totalement dénoncée

En outre, il précise que « l’Organisation mondiale de la santé et la communauté internationale sont clairement opposées au fait de lier un virus avec des pays ou des régions spécifiques, et contre toute stigmatisation. »

Mais Trump n’a pas rendu furieux seulement les Chinois. Ses alliés européens sont aussi furieux. Et ce, suite à sa décision du mercredi 11 mars « d’arrêter au moins pour un mois tous les vols en provenance d’Europe ». Ainsi, les dirigeants du Vieux continent ont réagi avec colère. « L’Union européenne désapprouve le fait que la décision des Etats-Unis d’imposer une interdiction de voyager ait été prise unilatéralement et sans consultation […]. Le coronavirus est une crise mondiale, qui ne se limite à aucun continent. Et il nécessite une coopération plutôt qu’une action unilatérale. »

D’ailleurs, Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne s’est montrée plus cinglante encore. Répondant au tweet de Trump, elle affirme: « Je doute énormément que les maladies aient des passeports ou se soucient des frontières ».

De « méchante grippe » à pandémie

Trump a pris son temps avant de reconnaître la gravité du virus. Puisqu’il le qualifiait jusqu’à une date récente de « méchante grippe ». Maintenant qu’il a pris la mesure de la pandémie, il a eu recours: à l’état d’urgence; au déblocage de fonds à hauteur de 50 milliards de dollars; à la décision controversée de l’arrêt des vols en provenance de l’Europe; et à la provocation de la Chine.

Seulement, compte tenu du scandale des « kits de dépistage défectueux », personne ne peut évaluer le nombre de personnes infectées aux Etats-Unis. Mais une chose est sûre, le virus fait des ravages au sein de la population américaine qui découvre la peur et la vulnérabilité.

Selon le magazine américain Counterpuch, « il y a des années, les scientifiques étaient proches de la mise au point d’un vaccin contre le coronavirus. Mais ils n’ont pu y arriver parce qu’ils n’y avaient plus de fonds. »

Il n’y avait pas de fonds pour le vaccin du coronavirus. Mais l’Amérique pouvait se permettre de réserver un trillion (mille milliards) de dollars… pour moderniser son arsenal nucléaire. Le père de cette idée géniale? Le président afro-américain Barack Obama.

La course à l’armement plutôt que la santé

L’inimitié et la hargne que lui voue Donald Trump n’a pas empêché ce dernier d’adopter le coûteux programme de « modernisation » de l’arsenal nucléaire. L’argument des défenseurs de ce programme est simple: « On peut utiliser les armes nucléaires miniatures sans détruire le monde. »

Cela ne révolte pas seulement les pays et les peuples qui ont souffert de la politique étrangère américaine. Laquelle depuis des années, se résume en un aventurisme militaire débridé, tourné essentiellement contre les pays arabes et musulmans. Des voix américaines, quoique très peu nombreuses, se lèvent. Elles dénoncent l’ « exceptionnalisme américain, ce mélange d’arrogance et d’ignorance ».

En effet, on lit dans le magazine en ligne Counterpunch: « L’arrogance et l’ignorance sont une dangereuse combinaison qui a infecté la société américaine. Nos héros ne sont pas les médecins et les hommes de science qui sauvent les vies, mais les tueurs et les destructeurs de vies. »

La pandémie mondiale a mis à nu l’Amérique plus que tout autre pays. Avec ses arsenaux militaires, avec son armement conventionnel et nucléaire capable de détruire plusieurs fois la Terre. Et pourtant la plus grande puissance du monde s’avère impuissante face au coronavirus. Cet ennemi invisible que ni les tweets toxiques de Trump ni ses décisions chaotiques ne peuvent arrêter.

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