Allemagne : la Tunisie au cœur de la transition énergétique

transition énergétique Tunisie -Allemagne

Le Partenariat tuniso-allemand de l’énergie (GIZ) a engagé, en collaboration avec le ministère tunisien de l’Energie, des Mines et de la Transition énergétique, sept journalistes tunisiens rompus dans la transition énergétique. A travers l’organisation d’un voyage d’étude du 1er au 6 mars 2020. Et ce, dans la région de la Ruhr et Düsseldorf en Rhénanie-Du-Nord-Westphalie (Allemagne).

Ainsi, ce voyage d’étude sur la transition énergétique a été une occasion pour améliorer les connaissances des journalistes tunisiens en la matière. Notamment dans le domaine des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les nouvelles technologies vertes.

C’était, également, une occasion, pour avoir une idée approfondie concernant la diversification des acteurs et des approches marquant la transition énergétique en Allemagne : le passage du charbon aux énergies renouvelables, jusqu’à l’introduction des nouvelles technologies vertes, à savoir l’hydrogène et la mobilité électrique.

Pour ce faire, des visites et des échanges avec des experts dans plusieurs institutions ont été effectués. Et ce, en allant des sites énergivores de production d’électricité et de chaleur aux parcs éoliens citoyens, en passant par des centres de recherche.

Formation Tunisie-Allemagne

Visites de travail dans la région de la Ruhr et Düsseldorf

Les visites de travail ont été réparties selon plusieurs  thèmes liés à la transition énergétique en Allemagne. Notamment, l’efficacité énergétique dans la production agroalimentaire, la production d’électricité et de chaleur, la transformation structurelle, la recherche et l’innovation. Ainsi que la production d’énergie renouvelable à petite et à grande échelle.

Concernant l’efficacité énergétique dans la production agroalimentaire, nous avons visité Ihr Bäcker Schüren. Il s’agit d’un concept énergétique innovant pour une entreprise de boulangerie de taille moyenne à Hilden. Cette entreprise a été présentée comme un exemple des meilleures pratiques partout en Allemagne et même à Bruxelles.

Boulange

Grâce à son concept énergétique unique et innovant, la boulangerie est parvenue à réduire de moitié sa consommation énergétique et de 91% ses émissions de CO2.

Fortuna, une centrale au gaz naturel

S’agissant de l’efficacité énergétique dans la production d’électricité et de chaleur, nous avons visité la Centrale fonctionnant au gaz naturel de Fortuna. C’est la centrale à turbines gaz-vapeur la plus performante au monde à Düsseldorf.

Elle produit de l’énergie en combinant une turbine à gaz et une autre à vapeur. Et elle valorise de surcroît la chaleur résiduelle. Son rendement électrique net s’élève à plus de 61%.

Voyage d'étude

La centrale fournit, en outre, de la chaleur au réseau de chauffage urbain de la ville. Ce qui porte son rendement énergétique à 85% au total.

Avec le réseau de chauffage urbain de Düsseldorf, la centrale contribue à la réduction des émissions de CO2 à hauteur de 600 mille tonnes par an à l’heure actuelle. Elle envisage aussi la réduction d’un million de tonnes en 2025.

Pour la transformation structurelle, les journalistes tunisiens ont visité le Complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein à Essen. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il s’agit d’un monument emblématique de la culture industrielle.

Charbon

Haut lieu de l’histoire de la Ruhr, ce complexe incarne la transformation de ce qui était autrefois la plus grande mine de charbon du monde. Et ce, en un centre attrayant de culture et de loisirs, de formation et d’affaires. Un centre qui accueille en moyenne annuelle 1 million 500 visiteurs venus du monde entier.

En matière de Recherche/Innovation, nous avons visité la ville solaire Wissenschaftspark à Gelsenkirchen.

Autrefois ville du charbon et de l’acier dans la Ruhr, Gelsenkirchen est devenue un leader incontesté dans l’exportation de technologies énergétiques de demain.

Mine

Dans le même cadre, nous avons visité le Centre de compétence sur l’hydrogène H2Herten. Il s’agit d’un centre d’application qui produit suffisamment d’hydrogène par électrolyse. Et ce, pour couvrir sa propre consommation d’électricité et d’hydrogène à Herten.

Pour ce faire, il utilise l’électricité produite par les éoliennes installées à proximité sur le terril Hoppenbruch.

Visite à Bürgerwindpark A31 Hohe Mark

En ce qui concerne les fournisseurs d’énergie renouvelable de petite et grande envergure, la visite de travail a été effectuée à Bürgerwindpark A31 Hohe Mark à Helden.

En tant qu’entreprise citoyenne, elle exploite des parcs éoliens et photovoltaïques de petite envergure. Et elle fournit la région en énergies renouvelables.

Solaire

Transition énergétique dans la région de la Ruhr et Düsseldorf (Allemagne) en bref

La région de la Ruhr et Düsseldorf garantit 30% des besoins en électricité de l’Allemagne. Elle représente un centre névralgique pour les fournisseurs d’énergie opérant à l’échelle internationale.

Cette région intéresse, également, les grandes entreprises à la production énergivore et les constructeurs de centrales électriques de renom. Ainsi qu’un nombre important de développeurs, de prestataires et d’utilisateurs de technologies et de services résolument innovants.

En résumé, l’Allemagne a atteint, en 2019, une part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 46% et de conventionnelle à 54%.

éolien

Transition énergétique en Tunisie

Selon le ministère de l’Energie, des Mines et de la Transition Énergétique, la Tunisie vise à augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 30% d’ici 2030. Ainsi que de diminuer la demande en énergie primaire de 30%. Et de réduire l’intensité carbone de 41% par rapport à 2010.

D’ailleurs, la Tunisie a mis en place trois régimes différents. Il s’agit du régime des autorisations. Grâce auquel deux rounds ont permis l’octroi d’autorisations pour 30 projets (4 éoliens et 26 solaires) d’une capacité totale de 254 MW. Outre des travaux de la première centrale solaire (consortium ETAP-ENI) qui ont débuté le 3 mai 2019. Et ce pour une durée de 11 mois.

Egalement, il s’agit du régime des concessions avec un appel d’offres restreint qui a été lancé en mars 2019. Et ce, pour la réalisation de deux projets éoliens d’une capacité totale de 300 MW. S’ajoute à cela cinq projets photovoltaïques pour une capacité globale de 500 MW. Ces projets entreront en production entre 2021/2023. Ils permettront avec les autres projets d’autorisation et d’autoproduction, d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 22%.

Le dernier régime est celui de l’autoproduction avec l’octroi d’environ 100 autorisations. Essentiellement pour des projets d’une puissance totale d’environ 20 MW.

Importance du partenariat tuniso-allemand de l’énergie

Rappelons que le Partenariat tuniso-allemand de l’énergie (GIZ) accompagne la Tunisie dans le développement. Ainsi que dans la mise en œuvre de sa politique énergétique nationale. Et ce, depuis 2012 avec la signature d’une déclaration d’intention commune. Cette dernière est basée sur les énergies renouvelables, la réduction de la consommation d’énergie. Ainsi que le développement durable et la protection du climat.

Notons que la délégation tunisienne était composée de sept journalistes: Imen Zine (L’Économiste Maghrébin), Amira Jenzri (TAP), Mohamed Khalil Jelassi (La Presse), Wafa Ben Mohamed (Assabah), Azza Ben Chagra (Akherkhabar), Saoussen Chahed (TV Nationale) et Riadh Sekma (Radio Nationale). Ainsi que des représentants du ministère tunisien et de la GIZ : Mohamed Mongi Benyaiche, Directeur-adjoint, Mouna Zayet, Conseillère de presse et Nada Baklouti, Experte technique-Partenariat tunisio-allemand de l’énergie.

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