« Al mawrouth », mon subterfuge préféré

Fakhfekh Al mawrouth

Le leg, Al mawrouth, comme on le prononce pompeusement dans la langue d’Al Moutanabi ; ce n’est pas moi, c’est lui, comme qui dirait.

On s’appuiera sur l’héritage, tantôt pour retourner aux sources de la foi comme ils disent.  Tantôt, pour se défiler d’un échec non assumé, tout en se cachant derrière une improbable trajectoire dite révolutionnaire qui aurait dévié de son droit chemin, et que les bien-pensants voudraient remettre sur la voie. Et dans les deux cas, on se pose à chaque fois en donneur de leçons. Pas si simple comme vous voyez.

Echaab yourid, (le peuple veut). Mais il veut exactement quoi le peuple ? Et de quel peuple s’agit-il ? Violons d’Ingres des politiciens l’héritage. Bouc émissaire tout trouvé. Le mawrouth, et ça va dans tous les sens.

Depuis le premier souffre révolutionnaire, puis qu’on en est à la recherche du deuxième, on ne compte plus les fois où l’héritage a été convoqué pour défendre une cause et son contraire.

Un mélange indescriptible de genres dans lequel, il est difficile de s’y retrouver. Hallucinant, vous ne trouvez pas ? Un cocktail explosif où l’on retrouve pêle-mêle : Le politique, le culturel et le social sur fond d’une supposée crise identitaire, et à tout seigneur tout honneur, l’économique où tout le monde veut s’aviser expert.

On s’autorise tous les dépassements, tous les retournements de veste, tous les reniements, toutes les trahisons. Et quand le seuil de l’intolérable est atteint, on joue les ingénues, et on fait mine d’être surpris par la vague, avec à la clef, peu d’espoir de sortie.

Une marche à reculons

Quand Seifeddine Makhlouf et son acolyte le dénommé Imed Dghij, en tenue décontracté et plus insolents que jamais, franchissent le portail de Dar Edhiafa, sourire provocateur au coin des lèvres pour éclairer de leur lumière leur hôte Elyès Fakhfekh chargé par le président de la République de former le prochain gouvernement, on ne peut qu’être écœuré, puisque c’est avec ces gens là,  que l’on veut sortir les Tunisiens de la précarité, et partant, le pays d’une banqueroute plus d’une fois annoncée.

Comme si, il était écrit que le sort de ce pays serait à jamais scellé et qu’il serait pour l’éternité livré au bon vouloir d’une confrérie sans scrupules. Et qui n’est pas prête de désarmer, forte du soutien indéfectible de parrains dont l’intérêt de la population, est la dernière chose à laquelle ils pensent.

Ce n’est pas non plus avec un Said Jaziri élu député par la seule grâce des urnes, boite magique, s’il en est, et qui nous ont donné toutes ces créatures aussi difformes les unes que les autres, et qui prétendent vouloir nous gouverner, en faisant planer un peu plus le spectre d’une marche à reculons que les Tunisiens dans leur grande majorité refusent, et dont on peut prévoir l’issue.

Ceci dit, je ne comprends pas comment les Tunisiens puissent être impatients d’en finir avec les années de disette, alors que par le choix qu’ils viennent de faire, ils ont eux-mêmes retardé un peu plus le redressement tant attendu. Et ce, au risque d’entamer et pour très longtemps, tout ce qui jusque là, a fait leur singularité et leur réputation. Mieux que ça, on ne peut pas.

Chasser un héritage désastreux

Avec l’avènement de la révolution, on a reproché aux Tunisiens de trop vouloir, alors qu’ils ne font que demander l’essentiel. Et s’y tenir, en attendant mieux. Parce qu’ils peuvent être réalistes, les Tunisiens, et un rien peut les transporter, même si c’est l’aigreur qui finit toujours par l’emporter.

Et quand ils s’amusent à se moquer d’eux-mes, le désarroi n’est jamais loin…peut-être bien qu’ils trouveront chez Elyès Fakfekh des qualités certaines, malgré tout ce qu’on est en train de dire sur son compte.

Du passif lourd, à l’actif rassurant, il n’y a pas qu’un pas. Est-ce que le second chef de gouvernement désigné est en mesure de le franchir pour chasser un héritage désastreux auquel il a largement contribué, et devenu paralysant par la force des choses ?

Une chose est sûre : Nous ne sommes plus au temps de la Troika. La preuve : Habib Jemli, l’homme qui se défendait sans convaincre, d’être nahdhaoui a été renvoyé à ses chères études. Les Tunisiens pourraient même dire à M. Fakhfekh bienvenue, même s’il y a de ces accointances…

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