14 janvier 2011-14 janvier 2020 : Sommes-nous sortis de l’ornière ?

Janvier Tunisiens L'Economiste Maghrébin
En décembre 2012, les habitants la ville de Siliana, ont symboliquement quitté la ville en prenant la direction de Tunis

Etre libre– beaucoup l’ont maintenant appris- ne suffit pas. La liberté est, pour ainsi dire, nécessaire. Mais jamais suffisante. Elle favorise certes le progrès. Mais, elle n’est pas, pour ainsi dire, un sésame. Pour vivre mieux, il faut bien plus. Beaucoup plus.

Incertitude. Voilà le maître-mot de l’après vote de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) du vendredi 10 janvier 2020. Le gouvernement proposé par Habib Jemli est effectivement tombé et personne ne peut dire comment vont évoluer les choses.

Le candidat qui sera nommé par le chef de l’Etat, comme le prévoit la constitution du 14 janvier 2014, arrivera-t-il à obtenir l’approbation de cette ARP, centre vital du pouvoir? Ou le chef de l’Etat sera-t-il contraint d’appeler les électeurs pour de nouvelles législatives?

Une situation qui rappelle celle du 14 janvier 2011 lorsque l’ancien chef de l’Etat, Zine El Abidine Ben Ali, a quitté précipitamment le pays laissant entrevoir plus d’un scénario dont celui du chaos. Un chaos que le pays pouvait à tout moment connaître au cours des années qui séparent le 14 janvier 2011 de celles que nous vivons depuis.

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé

Que de gouvernements, que de soubresauts, que d’actes terroristes, que de mouvements de foules, que de démissions, que de… Des événements qui pouvaient à tout instant dégénérer pour plonger le pays dans l’insécurité et la peur.

Tous les événements vécus défilent en ce jour anniversaire de la révolution tunisienne devant nous. Et le Tunisien appréhende toujours de voir l’histoire lui jouer un mauvais tour. Avec ce que ce mauvais tour peut lui faire subir comme dégâts.

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Des gouvernants de droite (dont des islamistes), de gauche, du centre, des technocrates, des indépendants, etc. Dieu sait ce que le pays a pu connaître comme profils.

Le résultat est pourtant bien décevant. La Tunisie n’arrive pas à voir le bout du tunnel. Avec la montée des approximations, des egos. Et même des intérêts personnels et corporatistes. A croire que les Tunisiens ont mangé leur pain blanc.

Dans la mesure où des espoirs d’un jour meilleur étaient bien là, malgré tout, au lendemain du 14 janvier 2011. La liberté n’était pas là et la page de la dictature n’était-elle pas bien tournée?

Mais être libre– beaucoup l’ont maintenant appris- ne suffit pas. La liberté est, pour ainsi dire, nécessaire. Mais jamais suffisante. Elle favorise certes le progrès. Mais, elle n’est pas, pour ainsi dire, un sésame. Pour vivre mieux, il faut bien plus. Beaucoup plus.

Certains ne parieraient pas un Kopec

Pour revenir donc à l’incertitude, elle s’exprime aujourd’hui et amplement par le pessimisme qui gagne des pans entiers de la population. Un moral combien important en économie dans la mesure où il se mesure– tout le monde connaît, entre autres, l’Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan- le sentiment des consommateurs quant à l’évolution de l’économie.

A ce sujet, on a beau chasser l’économique, il revient toujours au galop. Peut-on nier, à ce stade de la réflexion, que le pessimisme a pour beaucoup son origine dans la situation économique du pays?

Toujours côté incertitude, combien de Tunisiens croient dur comme fer qu’ils vont manger demain à leur faim, qu’ils auront demain un logement décent, que leurs enfants pourraient avoir un emploi, etc.

Certains ne parieraient pas, comme on dit, un Kopec au sujet de l’amélioration de la situation au moins dans les toutes prochaines années. Si évidement l’on ne change pas et durablement. Car l’incertitude n’est jamais vaincue si l’on ne s’attelle pas sérieusement à la tâche.

Or, de ce côté des choses, que de temps perdu depuis le 14 janvier 2011. Tous les diagnostics ont été faits et refaits. Et il ne reste plus qu’à agir. En abandonnant les voies du passé basées sur le tâtonnement et l’à-peu-près.

C’est Albert Einstein qui disait– on ne cessera de le répéter- que « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ».

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