Transport touristique : les excursions de la mort

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L’accident tragique du bus touristique survenu récemment à Amdoun a encore une fois posé l’épineux problème du transport touristique frappé de plein fouet après les événements post-révolution et les attentats terroristes de 2015.

Depuis 2011, le parc roulant transport touristique a perdu plus de 70% de ses capacités opérationnelles en raison de la vétuste et de l’incapacité des agents de voyages de procéder à son renouvellent et ce pour de multiples raisons.

Ni le pays ni le secteur n’avaient besoin d’une telle tragédie pour remettre à temps les pendules à l’heure. L’anticipation et la décision opportune n’ont pas été au rendez-vous pour redresser la situation chaotique qui marquait ce secteur.

Nouvelles mesures : Peu et tard….

Les pertes humaines engendrées par ce drame ont un coût exorbitant en termes de souffrances pour les familles des victimes toutes ravies à la fleur de l’age… Sans parler des impacts socio-économiques de cet accident notamment du côté des indemnisations.

Les récentes mesures prises par le gouvernement suite à ce drame, sont-elles opportunes? D’aucuns diront et à fort juste titre: c’est peu et c’est trop tard.

Pour mémoire les agents de voyages, à travers leur fédération, avaient depuis trois ans tiré la sonnette d’alarme sur la situation déplorable du parc roulant du transport touristique. Ils avaient revendiqué des facilités d’ordre réglementaire et financier pour le renouvellent du parc.

Séance de travail entre le ministre du Tourisme et de l’Artisanat et les membres du conseil de la FTAV.

Plus encore, ils ont dénoncé l’existence des intrus qui opèrent dans le même secteur, en l’occurrence les sociétés dites de services. Celles-ci manifestement échappent à tout contrôle notamment en termes de qualité des prestations.

Les agents de voyages n’ont pas été écoutés

Au delà du caractère cosmétique des nouvelles mesures, il serait judicieux de s’attaquer d’une manière frontale et stratégique au problème posé. Les demi-mesures ne servent à rien. Il faut assurer une analyse fine des dossiers.

L’accès aux sources de financement pour le renouvellement du parc, les facilitations d’ordre fiscal ou encore l’organisation et la moralisation du secteur relèvent de toute évidence des missions régaliennes de l’État. Cela suppose de l’audace, de l’anticipation et une réelle volonté de changer.

L’attentisme, l’amateurisme et le laxisme mènent souvent à l’échec, à la frustration, et au …drame. Agir et vite sur la voie d’un investissement efficace dans le secteur a certainement un coût et des budgets. Le coût de l’inaction est incontestablement plus élevé.

La tragédie d’Amdoun ternit l’image du tourisme tunisien et enterre le tourisme intérieur… Du gâchis.

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