La Ceinture et la Route : la Tunisie en tant que maillon stratégique

covid-19 - l'économiste maghrebin

La Tunisie a signé le 11 juillet 2018 son adhésion à l’initiative phare de la Chine « la Ceinture et la Route ».

L’adhésion de la Tunisie à l’initiative « la Ceinture et la Route » est sensée consolider la contribution de la Chine à la réalisation de projets de développement en Tunisie. Et ce notamment les grands projets d’infrastructure inscrits au plan de développement 2016 – 2020.

Toutefois, la Tunisie pourrait et devrait viser un partenariat beaucoup plus ambitieux avec la Chine. Elle pourrait aller bien plus loin que le financement des infrastructures. En effet, un partenariat stratégique entre les deux pays pourrait avoir des bénéfices sur 3 niveaux :

Multilatéral

La Tunisie et la Chine pourrait travailler ensemble pour élaborer un multilatéralisme rénové. Et ce à travers le Conseil de sécurité et la réforme de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Le traitement spécial et différencié est la pierre angulaire de la réforme de l’OMC. Le système actuel de l’OMC autorise ses membres à s’auto-désigner comme pays en développement. Ce statut s’accompagne de certains droits, comme le droit au traitement spécial et différencié (TSD). Les États-Unis éprouvent de la frustration face à l’absence de critères dans la désignation des pays en développement. Elles demandent par conséquent plus d’objectivité et des critères concrets dans la définition de ces pays.

La réforme de l’OMC est cruciale pour sauver le multilatéralisme et nécessite une coordination entre pays membres de l’OMC. La Chine accepte l’idée d’une réforme, mais fait valoir l’importance des « conditions nationales ». Elle pourra compter sur le soutien de la Tunisie.

Régional

Faire de la Chine un partenaire stratégique pourrait permettre à la Tunisie d’étoffer son offre vers l’Europe et ainsi profiter pleinement d’un accès privilégié sur le marché européen dans le cadre d’un futur Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA), mais aussi de développer une stratégie concrète sur l’Afrique, notamment sur les services, et combler ainsi son retard.

Les produits tunisiens ne sont pas adaptés à la demande africaine. Ils correspondent souvent à des productions que les entreprises européennes sous-traitent. Pour être compétitive, la Tunisie doit adapter ses produits, ses conditionnements et ses spécifications aux besoins de l’Afrique, à ses exigences et au pouvoir d’achat de ses populations. Pour cela, une coopération stratégique avec la Chine serait judicieuse, et constituerait un partenariat gagnant-gagnant.

Sans compter qu’en répliquant ce partenariat avec les autres pays d’Afrique du nord, cela pourrait donner un nouvel élan à l’intégration régional en Afrique du nord et donc augmenter la croissance économique.

Bilatéral

Un partenariat stratégique avec la Chine pourrait aider la Tunisie à compléter son réseau d’infrastructure terrestre et portuaire, et augmenter ainsi sa compétitivité et favoriser ses exportations. Il faut pour cela, élaborer un Projet intégré d’intérêt national.

Une coopération accrue avec la Chine pourrait aussi faire de la Tunisie un centre d’excellence pour la formation/éducation, les industries créatives et la santé en direction de l’Afrique.

Ces thèmes seront développés dans une étude stratégique par le MDI, (Mediterranean Development Initiative), en coopération avec ses partenaires chinois.

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