Villes du Maghreb et du Sahel africain : bombe ou boom?

Villes du MAghreb

Les travaux de la Conférence internationale des villes des pays du Maghreb et du Sahel africain démarraient lundi à Tunis. Avec pour thème: « Villes, mise à l’emploi des jeunes, pour un mieux vivre ensemble en harmonie. »

A cet égard, les objectifs sont de : favoriser une dynamique de voisinage; développer l’empathie, la solidarité; complémentarité entre les villes d’une zone géographique. Cette dernière se caractérisant à la fois par: les richesses qu’elle recèle; sa place dans la stratégie internationale; sa langue et sa culture communes.

Ainsi, la Ville de Tunis, avec l’appui de l’Union européenne organisent cette conférence. Elle réunit les maires des deux régions, des chercheurs et des représentants de la société civile.

Participent à cette conférence le secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), Taieb Baccouche. Le maire de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Beouinde sera aussi présent.De même que le vice-président Afrique de CGLU, membre du Comité Exécutif de CGLU Afrique. On notera aussi la présence du président de la Chambre de Commerce et d’industrie de Tunis, Mounir Mouakhar. Il participe également en sa qualité de président de la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF).

Bombe ou boom?

D’abord, « le coût de la non-coopération et de la non-solidarité entre nos villes est si élevé qu’il pénalise lourdement nos populations ». C’est ce que souligne d’emblée Mme Souad Ben Abderrahim, Maire de Tunis.

Et d’ajouter: « Nous devons lever ensemble les défis de création d’un réseau de villes maghrébines pour une coopération décentralisée. Il faut instaurer des flux effectifs d’échanges et d’interaction avec les acteurs locaux. Pour un développement intensif de nos cités et l’ancrage d’une solidarité agissante avec les villes du Sahel africain. »

Puis, Mme Ben Abderrahim relève particulièrement la dimension humaine, sociale et culturelle de ce vivre-ensemble dans les cités du Maghreb et du Sahel africain. « En puisant dans la longue histoire qui nous lie et le patrimoine partagé », indique-t-elle. « Ils nous appartient aujourd’hui de prêter une attention plus grande aux questions de migration, d’accueil des étudiants, d’échanges entre les jeunes et d’interaction culturelle. »

Ensuite, ce fut au tour de M. Beouinde de s’exprimer. « Pour prendre l’exemple de ma ville, Ouagadougou qui compte près de 3.5 millions d’habitant. Avec une croissance démographique annuelle de 7.6%, déclare son maire, nous voyons arriver chaque année sur le marché de l’emploi plus de 30.000 jeunes. Voués au chômage, ils feront le lit de l’extrémisme et constitueront ainsi des bombes vivantes. Employés, ils seront le facteur d’un grand boom économique. Désamorçons les bombes, suscitons les booms! »

Par ailleurs, « le rôle des bailleurs de fonds est essentiel dans la résorption du chômage, la création d’emploi et la réduction des inégalités », précise Taieb Baccouche. Le secrétaire général de l’UMA  fait savoir qu’il leur appartient d’apporter une contribution substantielle aux efforts déployés par les villes du Maghreb et du Sahel africain. Et de soutenir leurs initiatives en y associant le secteur privé.

Les opérateurs économiques au service des communautés urbaines

De son côté, Mounir Mouakhar affirme que « les chambres de commerce et d’industrie sont pleinement disposées à s’associer à cet élan de coopération solidaire qui s’y initie aujourd’hui ». De plus, il ajoute que les opérateurs économiques du secteur privé mettent toutes leurs potentialités au service des municipalités. Comme ils le font actuellement dans nombre de villes. A la faveur de projets notamment de l’eau, de collecte et recyclage des déchets et d’énergies nouvelles et renouvelables.

Enfin, notons que les travaux de la conférence internationale se poursuivront en deuxième et dernière journée ce mardi 15 octobre. Par une réflexion et des propositions d’action, sur le contexte actuel des espaces maghrébins, sahéliens et de leurs liens et potentiels. Et ce, afin d’identifier des piliers communs porteurs de coopérations appropriées.

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