Utilisation des eaux usées : quel risque sanitaire ?

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photo onas

Face aux stress hydrique qui menace bon nombre de pays dans le monde, il est question de revoir la manière de gérer les ressources en eau. Parmi les solutions proposées, et qui ont fait leur preuve, la réutilisation des eaux usées.

Tandis que certains pays parviennent à l’heure actuelle à un taux de réutilisation des eaux usées de 100% (Sultanat d’Oman). La Tunisie n’atteint qu’un modeste taux de 22% en 2018.

Pourtant, un projet sur la mobilisation du potentiel des eaux usées traitées et des eaux de drainage pour le développement agricole existe en Tunisie. Ce projet représente une opportunité de taille en matière d’économie d’eau. Car, il ouvre la voie à une meilleure gestion des ressources hydriques. Mais il amène à s’interroger sur l’impact de ces eaux sur la santé des consommateurs.

Risque réel de contamination des sols!

En effet, les eaux usées exposent à un risque réel de contamination des sols, de la végétation et de l’eau. De ce fait, ces eaux subissent des traitements de décontamination, sur plusieurs étapes. Et ce, afin de répondre à des critères de qualité requis pour une éventuelle utilisation.

D’ailleurs, les technologies permettent actuellement un traitement optimal des eaux. Et certains de ces traitements peuvent aboutir à l’élimination totale des agents pathogènes.

Ainsi, l’eau produite doit répondre à des normes de qualité strictes, par des évaluations biochimiques et microbiologiques.

En Tunisie, les eaux usées traitées doivent répondre à la norme NT 106.02, homologuée le 20 juillet 1989. Et ce, avant rejet en milieu hydrique. Cette norme définit les seuils de rejet par 54 paramètres paramètres (physico-chimiques, bactériologiques, métaux lourds, micro-polluants organiques hydrocarbures, pesticides, PCB/PCT, et phénols). La décontamination se fait par la suite par irradiation par les UV. Un procédé qui n’assure pas une élimination totale des agents pathogènes.

Respecter les règles d’hygiène

Cependant, les études montrent que dans le cas où les règles d’hygiène sont respectées, l’utilisation des eaux usées ne présente pas de risques sanitaires notables.

Mais des études épidémiologiques notent certaines maladies dermiques (démangeaisons, irritation), infectieuses (nausées, fièvres, diarrhées, conjonctivites).

Par ailleurs, les statistiques de la DHMPE (Direction de l’Hygiène du Milieu et de la Protection de l’Environnement) montrent que, dans cas 85%, les règles d’hygiène ne sont pas respectées. De plus, 65% des ouvriers ne se soumettent pas à la visite médicale annuelle et 70% ne sont pas vaccinés.

Des efforts sont donc à mettre en place en termes de formation des professionnels. Et ce, sur la nécessité de respecter des règles d’hygiène.

Enfin, différents secteurs recourent à la réutilisation des eaux usées hormis l’agriculture. On les utilise en effet à des fins industrielles, dans les zones urbaines (nettoyage des rues), pour l’irrigation d’espaces verts et même pour la production d’eau potable.

Ainsi, l’orientation vers la voie de la valorisation des eaux usées et de manière plus générale le recyclage est un choix stratégique. C’est une opportunité que la Tunisie est tenue de saisir, dans un contexte d’appauvrissement croissant des ressources.

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